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Pédocriminalité dans l'Eglise: les collectifs de victimes indignés par le nouveau dispositif d'accompagnement

Le nouveau dispositif présenté par l'Eglise catholique pour écouter et accompagner les victimes mineures de violences sexuelles marque "un profond recul", s'indignent plusieurs collectifs de victimes, professionnels et accompagnants, dans une tribune publiée jeudi dans La Croix.

DENIS CHARLET - AFP/Archives

Le nouveau dispositif présenté par l'Eglise catholique pour écouter et accompagner les victimes mineures de violences sexuelles marque "un profond recul", s'indignent plusieurs collectifs de victimes, professionnels et accompagnants, dans une tribune publiée jeudi dans La Croix.

"Nous assistons aujourd’hui à un réel retour en arrière", et "ce qui a été annoncé sera une nouvelle violence pour les personnes victimes", affirment ces collectifs, une semaine après que la Conférence des évêques de France (CEF) a dévoilé le dispositif "Renaître" chargé d'accueillir la parole des victimes de pédocriminalité en son sein et de les accompagner.

Ce dispositif prendra la suite de l'Inirr, l'instance nationale indépendante de réparation créée en 2021 par l'épiscopat français, qui arrive à échéance fin août.

A partir de septembre, les victimes saisiront des cellules d'écoute dans les diocèses, qui les orienteront pour leurs démarches restauratives vers un réseau d'accompagnants, eux aussi dans les diocèses mais constitués en organisme national indépendant.

"Les évêques enterrent l’Inirr", estime la tribune initiée par Mélanie Debrabant, la présidente de l'association Fraternité Victimes.

Les collectifs soulignent qu'accompagner le parcours de reconnaissance et de réparation "nécessite des compétences que la majorité des diocèses ne pourront pas réunir".

De plus "demander à des personnes victimes de s’adresser à une cellule dépendante d’un évêque ne peut pas donner un cadre sécurisant", ajoute le texte signé notamment des collectifs Foi et Résilience, Agir pour notre Église, Ensemble en Vérité et Voix Libérées.

Les signataires jugent par ailleurs "dangereux" le nom "Renaître" choisi pour ce dispositif: "Faut-il entendre que la réparation serait comme une nouvelle naissance effaçant toute blessure?" s'interrogent-ils.

Ils avertissent les évêques qu'"ils auront à répondre" de leur choix. Car cela risque d'"entraîner une victimisation secondaire" (via des mauvais traitements subis lors du processus) qui sera "tout aussi systémique, et tout aussi traumatique que la violence initiale", selon le texte.

L'Inirr avait été créée après le rapport de la Ciase en octobre 2021, qui estimait à 330.000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l’Église depuis 1950.

L'instance indépendante a reçu en quatre ans d'existence 1.789 demandes.

AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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