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Niche LR: l'Assemblée adopte une résolution contre les Frères musulmans, après des débats houleux

Dans une ambiance délétère, l'Assemblée a adopté jeudi une résolution appelant au lancement d'une procédure en vue d'inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, avec le soutien du camp gouvernemental et du RN, et malgré l'opposition de toute la gauche.

Thomas SAMSON - AFP

Dans une ambiance délétère, l'Assemblée a adopté jeudi une résolution appelant au lancement d'une procédure en vue d'inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, avec le soutien du camp gouvernemental et du RN, et malgré l'opposition de toute la gauche.

Au terme de près de cinq heures de débats houleux, le texte inscrit à l'agenda de l'Assemblée par Les Républicains dans leur journée réservée, a été adopté par 157 voix contre 101.

Non contraignant, il appelle la Commission européenne à engager une procédure pour inscrire "la mouvance des Frères musulmans et de ses responsables sur la liste européenne des organisations terroristes", et demande à l'UE "une évaluation juridique et factuelle du réseau transnational des Frères musulmans".

Le rapporteur Eric Pauget (LR) a défendu un texte contre un "mouvement politique" dont le projet est de "faire triompher la charia sur la loi de la République", estimant qu'une telle classification permettrait de geler des financements et faciliterait l'échange d'informations entre Etats.

Après le vote, le patron du groupe Laurent Wauquiez a estimé que le texte permettrait de sortir "d'un déni", appelant le gouvernement à relayer l'initiative à l'échelon européen.

Le député de la Droite Républicaine, Éric Pauget, prend la parole lors d'un débat sur un projet de résolution proposé par le groupe Les Républicains (LR) visant à inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, à l'Assemblée nationale, le 22 janvier 2026 à Paris

Le député de la Droite Républicaine, Éric Pauget, prend la parole lors d'un débat sur un projet de résolution proposé par le groupe Les Républicains (LR) visant à inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, à l'Assemblée nationale, le 22 janvier 2026 à Paris

Thomas SAMSON - AFP

Peu allant, le gouvernement avait toutefois rendu dans l'hémicycle un avis de sagesse (ni pour, ni contre), la ministre de la Francophonie Eléonore Caroit partageant "l'objectif" d'agir "contre la mouvance des Frères musulmans et son idéologie séparatiste", mais estimant le texte fragile juridiquement.

"Ce texte ne constitue en réalité qu'une diversion politicienne opportuniste, minable, qui risque d'alimenter la stigmatisation d'une partie de nos concitoyens sans faire reculer d'un iota l'influence de celles et ceux que vous prétendez combattre", a tancé la députée écologiste Dominique Voynet.

Face à la presse, M. Wauquiez a aussi dénoncé "un travail d'obstruction" pendant les débats, visant notamment les Insoumis.

La séance a été marquée par de nombreux incidents de séance. Comme lorsque Laurent Jacobelli, député RN, a fustigé l'opposition des Insoumis au texte : "les Frères musulmans veulent lapider les homosexuels, et bien, si vous voulez lapider les homosexuels, votez LFI", a-t-il lancé, suscitant de multiples réactions et demandes de sanction à gauche.

La question sera tranchée lors d'une réunion du bureau de l'Assemblée le 18 février, a annoncé Sébastien Chenu, vice-président RN.

Le député Pierre-Yves Cadalen (LFI - NFP), réagit lors d'un débat sur l'examen d'un projet de loi proposé par le groupe Les Républicains (LR), à l'Assemblée nationale à Paris, le 22 janvier 2026

Le député Pierre-Yves Cadalen (LFI - NFP), réagit lors d'un débat sur l'examen d'un projet de loi proposé par le groupe Les Républicains (LR), à l'Assemblée nationale à Paris, le 22 janvier 2026

Thomas SAMSON - AFP

"Je ne peux un seul instant tolérer que vous insinuiez que mon engagement aille à l'encontre de l'égalité humaine", a vertement répondu le député Insoumis Pierre-Yves Cadalen, se disant lui-même homosexuel.

Un autre épisode a impliqué Sébastien Chenu (RN) et Antoine Léaument (LFI).

Il est descendu (vers le bas de l'hémicycle) en hurlant et remettant en cause ma présidence, puis ne se calmant pas il m'a menacé en disant +descendez on va discuter face-à-face+", a dit M. Chenu. M. Léaument dément toute menace physique : "j'ai dit, +très bien, descendez discuter avec moi+".

Fondé en 1928 en Egypte, le mouvement pan-islamiste sunnite des Frères musulmans a un temps étendu son influence sur le monde arabe, mais a connu un recul ces dernières années sous la pression des grandes puissances arabes.

AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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