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Municipales : le PS serre la vis face à LFI

A une semaine du premier tour des municipales, le Parti socialiste redouble d'attaques contre Jean-Luc Mélenchon, pour empêcher au maximum les listes de La France insoumise d'accéder au second tour et réduire les risques de devoir conclure des alliances avec elles pour l'emporter.

Thomas SAMSON - AFP

A une semaine du premier tour des municipales, le Parti socialiste redouble d'attaques contre Jean-Luc Mélenchon, pour empêcher au maximum les listes de La France insoumise d'accéder au second tour et réduire les risques de devoir conclure des alliances avec elles pour l'emporter.

Les coups sont venus d'abord du premier secrétaire du PS Olivier Faure qui, dans un entretien au Parisien dimanche, présente le leader Insoumis comme "une illusion" qui "dessert la cause" de la gauche. Il l'accuse d'avoir "renoué avec des troupes antisémites qu'on pensait inimaginables à gauche" en ironisant sur les patronymes juifs "Epstein" et "Glucksmann".

Le patron des socialistes affirme aussi que les dernières controverses ont semé le doute au sein même de LFI, et que "de nombreux Insoumis", militants ou candidats, ne se reconnaissent pas dans les déclarations de Jean-Luc Mélenchon.

Olivier Faure refuse de jeter l'opprobre sur les électeurs "qui ont suivi sincèrement LFI et qui ne se sentent pas coresponsables des dérives de son leader", les invitant à se tourner plutôt vers les candidats socialistes. "Je leur dis que nous défendons la justice sans renier nos valeurs".

Objectif: faire passer la France insoumise en dessous des 10% nécessaires pour se maintenir du second tour et éviter ainsi aux candidats socialistes de devoir, pour l'emporter, faire des accords avec des Insoumis devenus radioactifs pour une partie de l'électorat de gauche.

Mais les socialistes, qui ont refusé tout accord national pour ces municipales, se retrouvent dans une situation d'équilibristes. Ils doivent attirer à eux des électeurs plus radicaux, nécessaires pour gagner, tout en évitant de voir ceux du centre gauche s'éloigner d'une liste qui intègrerait des Insoumis.

C'est ce qu'a affirmé le député PS Jérome Guedj sur Radio J dimanche, en appelant "à un vote utile des électeurs de gauche" pour les listes non mélenchonistes dès le 15 mars, afin de "leur permettre de ne pas être dépendantes du score de la France insoumise".

Une situation qui n'est pas isolée.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, l'emporterait, selon un sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV, Le Figaro et La Tribune Dimanche, au second tour sur la candidate LR Rachida Dati dans la plupart des configurations, sauf en cas de triangulaire avec l'Insoumise Sophia Chikirou.

- "Compromissions" -

A Marseille, le maire sortant Benoit Payan soutenu par le PS est donné au coude à coude avec le RN au second tour, et en réel danger si le candidat Insoumis Sébastien Delogu, crédité d'environ 14%, se maintient.

Refusant tout fusion avec lui, M. Payan ne cesse de l'appeler à se désister dans l'entre-deux tours, pour que la ville ne bascule pas à l'extrême droite. Ce que refuse l'Insoumis.

Jean-Luc Mélenchon, en meeting dans la cité phocéenne samedi, a défendu de nouveau l'idée d'une "fusion technique" au second tour.

Ce type de fusion, sans accord programmatique, ne déboucherait pas nécessairement, en cas de victoire, sur une gestion commune des villes, mais permettrait "un front antifasciste" au second tour, a aussi plaidé le coordinateur de LFI Manuel Bompard sur France 3.

Mais tout rapprochement avec LFI au second tour serait une "compromission", a alerté l'ancien président François Hollande, et "une partie de nos électeurs ne nous suivraient pas".

"Ce qu'on imaginerait gagner d'un côté, on le perdrait de l'autre et on le perdrait durablement", notamment pour la présidentielle de 2027, a-t-il argumenté. Quitte à ce que ce choix fasse perdre quelques villes au PS, ce qu'il a jugé peu probable.

Pourtant d'autres bastions sont menacés.

A Nantes, le scrutin s'annonce aussi plus serré qu'attendu pour la maire PS sortante Johanna Rolland, face au LR Foulques Chombart de Lauwe, surtout si le candidat Insoumis William Aucant, toujours donné au dessus de 10%, se maintient.

Sommée par son concurrent de droite de clarifier ses intentions vis-à-vis de LFI au second tour, Johanna Rolland a simplement répondu que son objectif était que sa liste "soit le plus haut possible au soir du 15 mars".

Même chose dans des villes à conquérir comme Amiens, Limoges ou Toulouse. Olivier Faure a prévu de s'y rendre pour la dernière semaine de campagne avant le scrutin.

Par Cécile AZZARO / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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