Mise en avant de l'assurance chômage pour valider le plan de relance de l'UE : "On fait payer la crise aux plus précaires et aux plus fragiles"

Vers une nouvelle assurance chômage ? Pour être validé par Bruxelles, le plan de relance de plusieurs milliards d'euros doit satisfaire plusieurs conditions, dont des engagements sur des réformes réclamées de longue date par l’Union européenne. Sur ce plan, Paris va donc mettre en avant la réforme de l’assurance chômage, qui doit entrer en vigueur au 1er juillet.

Pôle Emploi, passage inéluctable pour 30 % des 60-64 ans (Photo by LOIC VENANCE / AFP)

Reportage de Grâce Leplat

 

Vers une nouvelle assurance chômage ? Pour être validé par Bruxelles, le plan de relance de plusieurs milliards d'euros doit satisfaire plusieurs conditions, dont des engagements sur des réformes réclamées de longue date par l’Union européenne. Sur ce plan, Paris va donc mettre en avant la réforme de l’assurance chômage, qui doit entrer en vigueur au 1er juillet.

Et au moment où les chiffres montrent une stabilisation du chômage à un niveau élevé, le nouveau mode de calcul des allocations inquiète les demandeurs d'emploi, notamment ceux qui alternent régulièrement périodes de chômage et d’activité.

"Si je retrouve des contrats courts d'un mois, je verrais mon indemnisation diminuée"

C'est le cas de Nicolas Benesty, sur le marché du travail depuis 1 an. "J'ai des difficultés à trouver un emploi stable dans la situation actuelle malgré des diplômes de niveau supérieur".

Il enchaîne petits boulots et période de chômage. Alors cette réforme de l’assurance chômage l’inquiète. "Si je retrouve des contrats courts d'un mois, je verrai mon indemnisation diminuée. Par exemple, au lieu d'être de 1000€ par mois, elle va passer à 800€ par mois alors que j'ai travaillé 6 mois sur les 8 derniers mois".

"Ça risque donc de poser des problèmes à beaucoup de gens qui seront poussés à chercher n'importe quel emploi"

Actuellement seules les périodes travaillées sont prises en compte. Mais à partir du 1er juillet, même les jours d’inactivité entre deux contrats, et donc sans salaire, vont entrer dans le calcul. Il n’aura d’autres choix que de baisser ses exigences professionnelles. "Actuellement, j'ai des frais de loyers de 700€ par mois. Donc, si  je me retrouve à toucher 800€, il faudra très vite que je retrouve un emploi ou alors que je puise dans les réserves. Ça risque donc de poser des problèmes à beaucoup de gens qui seront poussés à chercher n'importe quel emploi".

"Non seulement on est invisible mais, en plus, il y a une sorte de mépris des chômeurs et précaires"

C’est ce que redoute Claire Pauchet, porte-parole du Mouvement National des Chômeurs et Précaires. "Avec cette réforme, il y aura plus d'un million de personnes qui auront leur indemnisation réduite ou supprimé. On fait payer la crise aux plus précaires et aux plus fragiles. Non seulement on est invisible, mais en plus, il y a une sorte de mépris des chômeurs et précaires".

Les syndicats et le Mouvement national des chômeurs et précaires demandent à être reçu par la ministre du travail Elisabeth Borne. Une nouvelle manifestation est déjà prévue le 19 juin contre la réforme de l’assurance chômage.

Grâce Leplat (avec Maxime Trouleau)