Maraude dans le froid : "On a très peur qu'il y ait des morts parmi les SDF"

Reportage Sud Radio. Alors que les températures ont plongé cette nuit dans toute la France, des associations partent en maraude pour aider les sans-abris. Sud Radio a suivi l’une d’entre elles la nuit dernière.

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Si l’hiver 2018 s’est révélé globalement froid en France, le pays vit cette semaine un pic en matière de température, avec un mercure qui est descendu largement en-dessous de 0°C sur la plupart du territoire. Comme toujours dans de telles circonstances, les sans-abris dormant dans la rue sont les plus exposés, et de nombreux bénévoles associatifs sont partis en maraude la nuit dernière pour leur venir en aide.

Tapis de sol, couvertures, pulls, bonnets… La voiture de Nelly, engagée au sein de l’association ActionFroid, a été largement remplie pour cette opération, alors que la température ressentie à Paris cette nuit a atteint les -11°C. Une opération qui a notamment bénéficié à Jihès, SDF depuis deux ans, qui tente de garder le sourire, un nouveau bonnet sur la tête. "Il faut toujours avoir le moral, toujours, toujours, toujours ! Sinon, on est foutus, morts !", assure-t-il. Face à lui, Sarah, graphiste bénévole, ne pouvait pas rester chez elle. "Qu’est-ce que ça représente, trois heures de mon temps, si je peux aider des gens à dormir un peu plus au chaud, alors que je passe ma vie dans un lit et un appartement... ?", explique-t-elle.

De son côté, Nelly ne s’attendait pas à voir autant de gens dehors. "On a fait une 1h30 de maraude, et on a vu 10-12 personnes sur un arrondissement et demi. C’est beaucoup...", indique-t-elle. Elle aussi membre de l’association ActionFroid, Nathalie fait part de son inquiétude. "On est clairement inquiets, on a très peur qu’il y ait des morts. Le froid ne tue pas obligatoirement, mais les gens sont déjà épuisés de l’épisode neigeux de ces dernières semaines. Avec un peu d’humour noir, quand une certaine personne dont on ne citera pas le nom a annoncé que 50 personnes seulement vivaient dans la rue à Paris, on s’est dit qu’elle avait simplement annoncé les futurs morts...", lance-t-elle.

Un reportage d’Alfred Aurenche