Les démissionnaires désormais éligibles aux allocations chômage

Du changement dès la semaine prochaine pour les salariés démissionnaires : ils pourront désormais toucher des allocations chômage s’ils poursuivent un projet professionnel, autrement dit s’ils suivent une formation, ou s’ils créent ou reprennent une entreprise. Mais la mesure est très encadrée : il faudra avoir travaillé cinq ans sans discontinuer, passer par un conseil professionnel puis par une commission régionale. Des modalités qui divisent.

(PASCAL GUYOT / AFP)

Reportage Sud Radio de Grace Leplat

 

Il y un an, Olivier a monté une entreprise dans la cyber-sécurité. Salarié, il a négocié une rupture conventionnelle… Des semaines de discussions avec son employeur pour avoir le droit au chômage, un parcours semé d’embûches. Pour Olivier, permettre à un démissionnaire de toucher le chômage, c’est faciliter le parcours vers la création d’entreprise. Il évoque "une mesure sociale qui permet à des gens qui n'auraient pas pu se lancer dans l'entrepreneuriat de le faire. C'est une sécurité pour l'incertitude des premier mois, le temps de lever des fonds".

 

"On perd en droits", par rapport à une rupture conventionnelle...

Un coussin donc pour ceux qui veulent sauter le pas, mais surtout une manière de décharger les entreprises de leurs responsabilités pour Michel Beaugas secrétaire confédéral FO chargé de l’emploi: "La démission ne donnera pas lieu à des indemnités de départ. Donc on perd, quand-même, pas rapport à la rupture conventionnelle. Donc utiliser ce droit à la démission pour se reconvertir, ça ne peut être qu'en que la dernière des possibilités". Près de 25 000 personnes pourraient bénéficier de cette mesure chaque année, pour un coût annuel d’environ 300 millions d’euros.