Le confinement peut-il suffire pour enrayer la propagation du coronavirus ?

Le 1er avril 2020, le Premier ministre a fait savoir que le déconfinement ne serait pas pour tout le monde au même moment. Alors, ce dispositif, a-t-il servi à quelque chose ?

Le confinement durera jusqu'au 15 avril 2020 au moins. © AFP

Yves Gaudin, virologue, directeur de recherches CNRS à l’Institut de biologie intégrative de la cellule (I2BC) de Paris-Saclay, était l'invité de Patrick Roger le 2 avril 2020 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

"Vers la mi-mai on peut espérer revenir à quelque chose qui soit plus raisonnable"

Selon Yves Gaudin, on commence déjà à voir la lumière au bout du tunnel. "On commence à voir les effets du confinement puisque le nombre de malades quotidiens est stabilisé. Il devrait par ailleurs continuer à baisser, donc c’est bon signe. Après, quant à la durée exacte du confinement, c’est compliqué, on a vu les annonces politiques.

On voit bien que les différentes régions du monde ne sont pas au même stade de l’épidémie. Même si la France revenait au stade de zéro malade, ce sera très difficile car le virus est maintenant partout sur la planète. On peut s’attendre à ce qu’il reste des petits foyers qui continueront à tourner pendant au moins un petit moment. On s’attend à ce qu’une baisse démarre dans les prochains jours. Et vers la mi-mai on peut espérer revenir à quelque chose qui soit plus raisonnable. En Chine il a fallu 57 jours pour bloquer l’épidémie."

"Il faudrait des tests pour savoir combien de gens ont eu cette maladie"

Selon Yves Gaudin, le système de soins a toujours eu besoin et aura encore longtemps besoin de tests de dépistage. "Il y a deux tests. Le premier permet de savoir si vous avez le virus. Il faudrait faire des dizaines de milliers de tests, mais on voit bien que c’est impossible, même sur le plan des ressources humaines : on n’a pas assez de bras pour faire ces tests. Dès que ça va commencer à se calmer, il faudra revenir sur les tests.

Le deuxième test qui sera nécessaire est le test sérologique, pour voir le nombre de gens qui ont eu cette maladie et donc voir l’étendue de cette première vague, qui est évidemment supérieure au nombre de cas recensés car on recense essentiellement des cas très symptomatiques. On sait qu’il y a plus de malades que les chiffres qui sont donnés. Ces tests sérologiques pourraient être utilisés lors du déconfinement, car les gens qui ont eu ce virus sont a priori protégés. J’insiste sur l’a priori car on a très peu de recul encore sur la protection et la durée qu’elle aura.

Il y a des pays comme la Corée qui ont détecté les contacts et les contacts des contacts, donc un suivi extrêmement important. Ils ont fait ce tracking très tôt. En France, à la mi-février, je ne pense pas qu’une telle opération aurait été acceptée", a expliqué Yves Gaudin.

"Ce n’est pas la première vague qui est la plus violente"

"À ce stade on ne sait pas si c’est une maladie de type saisonnier ou pas. Globalement, on voit que ces maladies sont principalement saisonnières. Pour l’instant on voit que cela se propage moins en Afrique et dans l’hémisphère sud, sans doute grâce à des températures élevées et à une moindre humidité. Par ailleurs, il n’est pas impossible que quand ce sera l’hiver là-bas ils auront davantage de transmission. En tout cas ça a été le cas de toutes les grandes grippes. On a eu plusieurs vagues, et ce n’est pas la première qui est la plus violente", a poursuivi Yves Gaudin.

 

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