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Lancement du "Beauvau de la Sécurité civile" pour repenser un modèle "sous tension"

Le gouvernement a ouvert mardi au ministère de l'Intérieur un cycle de concertations pour repenser le modèle de la Sécurité civile, en première ligne face au dérèglement climatique et à la désertification médicale, sans pour autant que les finances ne suivent.

Philippe LOPEZ - AFP/Archives

Le gouvernement a ouvert mardi au ministère de l'Intérieur un cycle de concertations pour repenser le modèle de la Sécurité civile, en première ligne face au dérèglement climatique et à la désertification médicale, sans pour autant que les finances ne suivent.

"Notre modèle est solide, mais il est sous tension", a souligné le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin à l'ouverture de ce "Beauvau de la Sécurité civile" qui doit réunir sur plusieurs mois tous les acteurs du secteur, y compris les financeurs - départements et communes.

Près de trente ans après la loi de départementalisation des services d'incendie et de secours (Sdis), "il est temps de faire un bilan, de dialoguer, de débattre et réfléchir à ce que nous pouvons politiquement moderniser", a-t-il ajouté.

Cinq réunions sont programmées jusqu'à l'automne pour discuter notamment des missions de la sécurité civile, de la gouvernance des Sdis et du financement.

"La première des choses, c'est de redéfinir le champ missionnel" des sapeurs-pompiers, estime Jean-Paul Bosland, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF).

"On prend de plein fouet la désertification médicale", sans oublier "les conséquences du dérèglement climatique" - feux de forêts, inondations ... -, souligne le lieutenant-colonel.

Il réclame une augmentation des effectifs à 250.000 sapeurs-pompiers volontaires, contre 197.000 actuellement, et à 45.000 professionnels, contre 41.000 actuellement.

"Il faut remettre ce système à plat" a de son côté plaidé François Sauvadet, président de Départements de France, mettant en avant l'"accroissement des risques".

"On arrive au bout d'un système de financement", a déploré le président UDI de la Côte-d'Or, alors que les Sdis sont essentiellement financés par les départements et les communes. "On a fait notre part d'effort, peut-on aller au-delà? Je ne crois pas", a-t-il ajouté.

Pour Olivier Richefou, président de la Conférence nationale des services d'incendie et de secours (CNSIS), la question de la gouvernance doit être abordée avant celle du financement. "C'est celui qui décide, qui paye, et les deux choses sont intimement liées", a-t-il estimé.

La FNSPF et Départements de France comptent également sur ce Beauvau de la Sécurité civile pour défendre le modèle français basé sur le volontariat, aujourd'hui menacé par une directive européenne relative au temps de travail.

"Nous serons attentifs à étudier toutes les questions, y compris celles qui fâchent", a assuré Gérald Darmanin,qui a notamment évoqué l'acquisition d'une flotte de drones, la place de l'intelligence artificielle, le lien avec les métiers de la santé ou encore les difficultés de recrutement.

Un premier rendez-vous qui laisse Anthony Chauveau, président du syndicat de pompiers SPASDIS-CFTC "perplexe". "J'ai peur qu'on veuille finalement essayer de moderniser tout en gardant notre organisation actuelle", craint-il.

L'intersyndicale des sapeurs-pompiers professionnels a elle déposé un préavis de grève pour la journée du 16 mai, et appelé à une mobilisation à Paris, pour réclamer notamment une refonte du financement des Sdis, la revalorisation de la prime de feu, actuellement de 25% du salaire, ou une révision des mesures de fin de carrière.

AFP / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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