Journée des droits des femmes - "À mon travail, je sais que les femmes gagnent en moyenne 9% de moins que les hommes"

Une grève féministe. C'est l'appel lancé par des associations et des syndicats en ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Des manifestations sont prévues un peu partout en France. Des rassemblements marqués par le contexte sanitaire et en hommage aux premières de corvées : infirmières, caissière, femme de ménage.

Les mots-dièse #MeToo ("moi aussi") et #BalanceTonPorc ont contribué à faire entrer la question du harcèlement sexiste dans le débat public en 2017. (BERTRAND GUAY / AFP)

(Reportage de Charlotte Derouin)

 

Une grève féministe. C'est l'appel lancé par des associations et des syndicats en ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Des manifestations sont prévues un peu partout en France. Des rassemblements marqués par le contexte sanitaire et en hommage aux premières de corvées : infirmières, caissière, femme de ménage.

C'est un mouvement pour alerter sur les violences sexuelles et sexistes, mais aussi pour mettre fin aux inégalités. Des inégalités qui s’inscrivent notamment dans le monde de l'entreprise. En France, les femmes gagnent en moyenne 23 % de moins que les hommes de manière globale selon l'Observatoire des inégalités.

"Il y a des sujets sur lesquels notre employeur pourrait déjà lâcher de l'argent"

À travail égal, salaire égal, voilà l'un des messages que veut porter Agathe Le Berder. Ce lundi, la fonctionnaire a décidé de faire grève. "Les inégalités salariales, elles existent dans la public comme dans le privé. Par exemple, dans mon ministère, je sais que les femmes gagnent en moyenne 9% de moins que les hommes. Il y a des sujets sur lesquels notre employeur pourrait déjà lâcher de l'argent tout de suite pour faire le rattrapage. Chose qu'il ne fait pas".

"Il n'y a toujours pas de formation proposées aux agents"

Et l'autre gros sujet sur lequel Agathe se mobilise, ce sont les violences sexistes et sexuelles au travail. "Il y a eu une enquête qui a été faite sur les violences sexistes et sexuelles qui a été menée par les syndicats du Ministère et qui montre qu'il y a des femmes qui disent qu'elles ont été victimes de viols, d'agressions sexuelles mais aussi de harcèlements sexuels".

Des faits très graves. Mais contre lesquels aucun outil de prévention n'a été mis en place. "Il n'y a toujours pas de formation proposées aux agents... comprendre ces rapports de domination, comprendre comment on intervient sur des situations de violences sexuelles et sexistes. Ça ne va pas !"

Une inaction inacceptable pour la jeune femme, 4 ans après le début du mouvement Me too qui avait contribué à libérer la parole des victimes. À Paris, la manifestation partira à 12h de Port-Royal.

Charlotte Derouin (avec Maxime Trouleau)