Jean-Pierre Marongiu : "Le Qatar est une tyrannie islamiste"

Jean-Pierre Marongiu
Jean-Pierre Marongiu, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états" sur Sud Radio.

Jean-Pierre Marongiu, qui a passé 1.744 jours dans les prisons du Qatar, était l’invité d’André Bercoff, lundi 8 avril, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Jean-Pierre Marongiu : "Le Qatar pratique l’esclavage moderne"

Chef d'entreprise, Jean-Pierre Marongiu, qui a passé 1.744 jours, soit cinq ans, dans les prisons du Qatar, est l'auteur de "InQarcere" (édition Nouveaux Auteurs). Il préfère tout d'abord rappeler : "Le Qatar est une toute petite surface de sable, qui est entourée de gisements de gaz et de pétrole et qui est devenu le pays le plus riche du monde. Mais il n'y a pas de population au Qatar". Selon lui, il existe surtout des milliers d'esclaves : "Le Qatar pratique l'esclavage moderne". Cet expert en management ne comptait pas s'y installer même s'il a l'habitude de l'expatriation.

Il raconte qu'il a été "harponné" par une délégation et a finalement décidé de créer sa société au Moyen-Orient. Il s'installe à Doha : "Tout a très bien fonctionné pendant six ans jusqu'à ce que le sponsor - qui veut dire parrain au sens mafieux du terme - décide de récupérer la société pour l'intégrer dans son groupe de sociétés. Tous les Qatariens sont des sponsors de plein de sociétés". Il s'agit d'une obligation au Qatar. Or, le sponsor de Jean-Pierre Marongiu faisait partie de la famille royale. Mais, un jour, on lui a donc demandé de céder sa société. "J'avais investi 2.350.000 euros, qui sont les économies de toute une vie". Il accepte donc de céder ses parts pour 3 millions d'euros.

"L’Ambassadeur de France était complice de mon arrestation"

Le ton de ses interlocuteurs a alors changé : "Cette société nous appartient. Si tu n'es pas d'accord pour dégager immédiatement, on va mettre au vote l'administration et comme tu es en minorité, tu vas tout perdre." Il leur a demandé alors de partir. Mais ils l'ont menacé ainsi : "Tu ne sortiras plus jamais du Qatar, ni toi ni ta famille". Pendant deux mois, plus de nouvelles et un jour, un appel téléphonique de la banque qui l'informe que le sponsor a vidé les comptes. Mais comme il s'agissait d'un cheikh  Al Thani (de la famille de l'émir), "ils ont tous les droits. Nous sommes dans un société féodale", précise Jean-Pierre Marongiu. Il évoque " une descente aux enfers". Les sociétés internationales lui paient ce qu'elles doivent.

"Mais les sociétés qatariennes ne me donnent rien : je me suis retrouvé en cessation de paiement". Or, au Qatar, chaque chèque sans provision est passible d'un à deux ans de prison. Avec tous les chèques effectués pour loger les employés, il règle ce qu'il peut, mais il reste douze chèques pour un montant avoisinant les 300.000 euros. Lui et sa famille ont alors interdiction de quitter le territoire : "Je me suis battu, au sens physique du terme, pour faire sortir ma famille du Qatar. J'ai corrompu un officier de l'immigration afin que mes enfants et ma femme puissent sortir". Il s'est alors retrouvé dans la rue, sans revenus, sans logement. Il tente de s'évader du Qatar. Il s'achète un bateau avec de l'argent que des amis lui font parvenir. Il rejoint Bahrein et se présente au consul. Ce dernier lui conseille de se déclarer en tant qu'illégal. Le lendemain, les gardes côtes l'arrêtent et l'incarcèrent. L'ambassadeur était donc complice. Il restera cinq ans en prison au Qatar. Il raconte : "On dormait dans un blockhaus sans aération, sans lumière...Les gens mouraient et les cadavres restaient dans les couloirs". De conclure : "Le Qatar est une tyrannie islamiste qui finance les organisations terroristes chiites et sunnites".

 

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