La grève des médecins libéraux, débutée lundi, "se traduit par une hausse de 30% à 50% d'appels" aux Samu-SAS, déjà fragilisés par les épidémies hivernales, et la situation devient "intenable", déplore mardi Samu urgences de France (SUDF), appelant à modifier le cadre réglementaire.
La situation dans les SAS (Service d'accès aux soins, Samu qui associe désormais la médecine de ville) et aux urgences est "aggravée par le report systématique des urgences chirurgicales de certaines cliniques privées vers le secteur public", dans le cadre de cette grève, souligne SUDF dans un communiqué.
"Dans un système déjà fragilisé par l'épidémie de grippe, la pénurie de lits d'hospitalisation et les contraintes des fêtes de fin d'année, les conditions de travail au sein des SAMU-SAS et des services d’urgence soumis à une très forte tension sont devenues intenables", écrit le syndicat, principal regroupement de médecins urgentistes.
Les services d'urgence sont en état de "saturation majeure": "les flux dépassent les capacités humaines, imposant l’activation immédiate de mesures exceptionnelles", comme des déprogrammations de soins non urgents.
SUDF rappelle qu'en l'absence de médecin traitant ou de rendez-vous disponible en ville, l'appel au SAMU-SAS reste la meilleure solution pour obtenir une réponse médicale adaptée.
Il appelle donc à modifier le cadre réglementaire pour offrir aux SAS des mécanismes de pilotage "plus robustes".
Le dispositif doit être "reconnu comme mission de service public avec des moyens humains et financiers à la hauteur", plaide-t-il, appelant à instaurer "une obligation de continuité de service", qui permettrait de réquisitionner le nombre de médecins nécessaire.
SUDF souhaite aussi "permettre aux médecins libéraux remplaçants de participer" à la régulation en soirée et week-end, offrir une "compensation financière" aux hôpitaux lorsque les urgentistes du Samu sont contraints d'assurer les missions des généralistes ou encore mettre en place des cellules spécifiques, sous pilotage des Agences régionales de santé, pour mieux organiser les lits disponibles en aval des urgences, à l'échelle d'un territoire.
Les médecins libéraux, mécontents de choix "politiques qui les piétinent", ont débuté lundi une grève de dix jours, prévue pour monter progressivement en puissance et aller vers une "fermeture totale" des blocs opératoires des cliniques ce week-end. Selon le président de la fédération de l'hospitalisation privée (FHP), 80% des blocs pourraient être arrêtés du 10 au 14 janvier.
Dans certains départements, la météo complique les choses, avec la neige et le verglas qui provoquent chutes et accidents.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP