Faut-il supprimer les allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire ?

Le Sénat a voté un amendement qui prévoit la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme. Stéphane Piednoir, sénateur (LR) du Maine-et-Loire et rapporteur du projet de loi confortant le respect des principes de la République, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 9 avril. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Un amendement supprimant les allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire a été voté au Sénat. (Thomas Coex - AFP/Archives)

"On ne va pas tomber dans la caricature"

Pourquoi avoir voté cet amendement ? "C’est une mesure qui vise à lutter contre l’évitement scolaire, reconnu dans les textes comme étant quatre demi-journées d’absence injustifiées par mois, explique Stéphane Piednoir, sénateur (LR) du Maine-et-Loire et rapporteur du projet de loi confortant le respect des principes de la République. C’est une mesure à la fois proportionnée, et progressive."

"On ne va pas tomber dans la caricature, et il n’y a pas d’automaticité dans ce que nous souhaitons, avec la mise en place d’un dialogue et d’un traitement social. En ultime recours, si la famille ne tient pas ses engagements vis-à-vis de l’État, il y a le déclenchement de cette suspension."

"Une réciprocité dans le contrat entre l'État et les familles"

La gauche au Sénat critique le vote de cette mesure et juge qu’un enfant déscolarisé est d’abord un enfant en danger. "L’absentéisme est un signe avant-coureur d’un mal-être, d’une future délinquance, reconnaît Stéphane Piednoir. Nous savons que le métier de parent est compliqué. Cette mesure vise à alerter et à faire prendre conscience de la déscolarisation de son enfant. Ce n’est pas une mesure qui vise à suspendre ou supprimer automatiquement les allocations. Il y a une réciprocité dans le contrat entre l’État et les familles."

Cet amendement a été voté au sénat, et ensuite ? Sera-t-il rejeté à l’Assemblée nationale ? "Il y aura d’abord une Commission mixte paritaire, explique le sénateur. Ensuite, en cas d’échec, ce sont les députés qui reprendront la main. Nous reprenons la loi Ciotti en vigueur entre 2010 et 2013, qui a eu une certaine efficacité. J’espère que les députés auront la sagesse de reprendre ce dispositif."

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