La majorité LREM réfléchit à faire évoluer le numerus clausus qui limite le nombre de médecins formés chaque année dans les universités. Une mesure de bon sens pour bon nombre de spécialistes, qui ne réglera toutefois pas les problèmes d’accès aux soins dans plusieurs territoires.

Institutions vieilles de plus de 45 ans pour les médecins, le numerus clausus et le concours en fin de première année de médecine sont dans le viseur du gouvernement, qui souhaite les réformer en les remplaçants par des partielles classiques. Jusqu’à maintenant, ils permettaient de limiter le nombre de médecins diplômés en France grâce à un concours ultra-sélectif ayant lieu en fin de première année de faculté de médecine. Mais avec 8200 étudiants reçus en 2017, sur 60.000 candidats, le nombre de médecins dans les dix prochaines années n’est pas prêt pas d’augmenter. Parallèlement, les besoins en professionnels de santé n’ont jamais été aussi grands, notamment en soins palliatifs et en gériatrie. De plus, une sélection aussi ardue n’amène pas forcément de bons praticiens à exercer, ont souligné à plusieurs reprises Emmanuel Macron et son Premier ministre, Édouard Philippe.

L’exécutif souhaite donc diversifier le recrutement des futurs médecins, qui est bien souvent aujourd’hui réservé aux étudiants ayant les moyens de suivre une prépa privée. L’idée du gouvernement n’est toutefois pas de créer une dérégulation du nombre de médecin, car les universités pourront difficilement accueillir plus d’étudiants et sur le terrain et les stages se feront rares. « La vraie question est de savoir comment s’inscrit la transformation de la formation des étudiants en santé », souligne pour sa part Stéphanie Rist, médecin et députée LREM du Loiret, interrogée par Sud Radio. « Que veut-on comme professionnels de santé demain ? Comment inscrire cette transformation dans une transformation globale du système de santé ? », questionne-t-elle. « L’accès aux soins, la pertinence qualité aux soins, le bien-être des personnels hospitaliers et libéraux, constituent le sens des annonces qui seront faites le 18 septembre pour une transformation globale du système », assure la députée LREM au sujet du très attendu “plan hôpital”, qu’Emmanuel Macron présentera dans quelques jours.

Supprimer le numerus clausus pour le remplacer par des partiels classiques suffira-t-il pour pallier aux problèmes d’accès aux soins, rencontrés par de nombreux Français ? « Aujourd’hui, il faut plus de 10 ans pour se former en tant que médecin et deux voir trois ans avant de s’installer. Même si l’on décidait d’augmenter le numerus clausus, nous n’aurons aucun effet avant 13 ou 14 ans », souligne au micro de Sud Radio Luc Duquesnel, président national du syndicat des médecins généralistes. « Il faut travailler sur la refonte des études médicales, mais ne pas laisser croire aux Français que dès 2019, il n’y aura plus de problèmes d’accès aux soins. Car aujourd’hui, il y a un vrai problème d’accès aux soins dans beaucoup de territoire. »

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