Faut-il arrêter les traitements de Vincent Lambert ?

Selon une étude, le milieu social influe directement sur le type de cancer contracté
Vincent Lambert est-il en fin de vie ou lourdement handicapé ?

Que penser du drame familial, médical et juridique autour du cas de Vincent Lambert ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 21 mai 2019. Avec pour invités :
- Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale et directeur du département de recherche en éthique de la faculté de médecine de l’université Paris-Sud ;
- Jean-Paul Hamon, président de la FMF (fédération des médecins de France) ;
- Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA ;
- Caroline Fiat, aide-soignante, députée LFI de la Meurthe-et-Moselle et auteure, il y a un an, d’une proposition de loi "relative à l'euthanasie et au suicide assisté, pour une fin de vie digne" ;
- Valérie Depadt, maître de conférence en droit privé, conseillère de l'espace éthique de l'Agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France.
"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

La Cour d’appel a demandé à la France de respecter la décision de la Commission des droits des handicapés de l’ONU concernant le cas de Vincent Lambert. C’est une décision provisoire de six mois, le temps que l’ONU rende sa décision. Le CHU de Reims est, dès aujourd'hui, obligé de réhydrater Vincent Lambert.

Lourdement handicapé ou en fin de vie ?

"Cette décision de la Cour d’appel a quelque chose de très sain, estime Véronique Jacquier. Elle remet le débat autour de la prise en charge des personnes lourdement handicapés alors que ces derniers jours, on ne parlait que d’euthanasie". Le site de Valeurs Actuelles a publié une vidéo de Vincent Lambert qui trouble profondément. On y voit dans quel état il était dimanche soir. Il ouvre les yeux, il n’est pas branché, il semble pleurer, semble réagir aux propos de ses parents, il mange avec une cuillère.

"Bref, il ne semble pas être en fin de vie, estime Véronique Jacquier. Les images confirment qu’il ne s’agit pas d’un arrêt des traitements mais d’une euthanasie. Une fin de vie ne dure pas dix ans". Peut-être, avec ce délai de six mois, sera-t-il possible que Vincent Lambert quitte le service où il se trouve pour rejoindre une unité spécialisée pour personnes lourdement handicapées. Différents instituts ont d'ores et déjà fait des propositions pour l’accueillir. Ils prennent soin, à l'heure actuelle, de 1.500 personne en France.

Une culture de vie et non de mort

Pour autant, la loi Leonetti de 2005 est-elle dépassée, comme l'affirment certains ? "On ne va pas changer de loi pour un cas exceptionnel où le nœud du problème est familial et médical", souligne Véronique Jacquier. Pour autant, il existe un angle mort dans la loi : il n’y a pas de possibilité de prendre une décision collective au sein d’une famille. Il n’y a pas, non plus, de référent obligatoire.

En Belgique, c’est le conjoint qui est considéré comme référent : une idée à reprendre en France ? Enfin, la décision ne peut pas être imposée à la famille par les médecins. Reste un sujet dont on ne parle jamais : le développement des services de soins palliatifs. "Puisse le cas de Vincent Lambert remettre ces sujets sur la table en prônant une culture de vie et non de mort."

 

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