Encadrement du télétravail : "Ce texte n'apporte strictement rien"

Quel avenir pour le travail à domicile ? Patronat et syndicats se réunissent mardi 22 septembre pour en parler à nouveau : les organisations syndicales espèrent toujours l’ouverture de la négociation d’un accord national interprofessionnel, le dernier date de 2005. Mais pour le Medef, c'est "prématuré". Résultat : les négociations patinent...

Quel avenir pour le travail à domicile ? © AFP

Reportage de Grâce Leplat pour Sud Radio

 

73% des télétravailleurs n'ont pas de contrat pour garantir leurs droits

Baptiste travaille dans la relation client : depuis deux mois, il est en télétravail, et chaque semaine débute avec une réunion. "Il y a de temps en temps des petits soucis techniques, un problème de connexion, une latence reconnaît-il. Mais pour les personnes qui n'ont pas de bonne connexion wifi, l'entreprise finance des clefs 4G pour qu'on soit dans de bonnes conditions de travail".

Son entreprise lui impose des horaires bien définis et multiplie les réunions pour s’assurer du bien-être de ses salariés, mais c'est loin d'être le cas partout : 73% des télétravailleurs n'ont pas de contrat pour garantir leurs droits. "C'est un gros manque, que ce soit pour la question du droit à la déconnexion, c'est-à-dire les dépassements d'horaires, la question des équipements et l'espace dédié au travail à distance" déplore Jean-Luc Molins, spécialiste du télétravail à la CGT.

 

"Ce texte n'apporte strictement rien par rapport au nouveau sujet"

Jean-Luc Molins participe aux discussions avec le patronat : il s’inquiète face à un patronat qui défend le cas par cas et refuse un accord national interprofessionnel. "On ne signera pas de toutes façons affirme-t-il. C'est ne pas être responsables vis-à-vis des salariés que de signer ce texte qui n'apporte strictement rien par rapport au nouveau sujet. Que ce soit l'équipement informatique, le droit à la déconnexion ou la question de l'organisation du travail, il n'y a rien dans ce texte ! dénonce-t-il.

"Dès qu'on arrive sur la question de l'organisation du travail, et de comment ceux qui sont en situation de télétravail bénéficient de nouveaux droits qui permettent d'encadrer les pratiques et d'éviter les abus pendant le confinement, il n'y a strictement rien sur ces questions-là" ajoute-t-il.

"D'une branche professionnelle à l'autre, on va pouvoir appliquer des règles différentes, qui seront fonction de la capacité des personnels à pouvoir se rassembler pour défendre leurs droits et pour éviter de se faire exploiter, comme c'est le cas à l'heure actuelle" explique-t-il.

 

 

La CGT, la CFDT et la CFTC l’ont annoncé : ils ne rien signeront rien avec le patronat sans accord national interprofessionnel sur le télétravail.

 

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