Dimitri Casali : "On en paie le prix aujourd'hui parce que les Français ont presque honte d'être français"

Dimitri Casali, historien spécialiste de Napoléon, auteur de "La France des rois de France" (éditions Albin Michel), était l’invité de Philippe David, vendredi 30 octobre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "David dans tous ses états".

Dimitri Casali invité de Philippe David dans "David dans tous ses états” sur Sud Radio.

Dans son dernier ouvrage, l'historien Dimitri Casali recense à la fois "l'œuvre patrimoniale de nos rois de France" mais tente également de comprendre comment la France est née, "d'où vient-elle et quelles sont ses fameuses valeurs". "On s'aperçoit qu'elles ne datent pas de la République", note-t-il, accordant à nos rois "certaines libertés et valeurs qui vont devenir les prémices" de ce que nous connaissons aujourd'hui. Une plongée dans l'histoire pour mieux comprendre les défis de notre temps.

Un héritage à défendre

L'ombre des rois de France plane encore sur la France. Que ce soit par les châteaux, les blasons mais aussi par ce "pouvoir un peu autoritaire", conforté par un sondage du Monde, où 82% des Français voudraient un personnage autoritaire pour remettre de l'ordre dans le pays. "On revient toujours par un besoin d'ordre", souligne le spécialiste de Napoléon Bonaparte. "Aujourd'hui, à force de gommer cet héritage de nos rois de France, on rend impossible aux petits français et aux nouveaux immigrants d'être fier de leur nouvelle nationalité", regrette-t-il, rappelant au passage que les rois de France ont créé "le plus vieil État-nation au monde". 

Après la publication d'une quarantaine d'ouvrages sur l'Histoire de France, Dimitri Casali fixe le point de départ "à partir du moment où l'on peut parler d'art français", jugeant que "le problème aujourd'hui est culturel, pas social et économique". Un point de départ que l'on peut fixer en 1144, lorsque Louis VII et Aliénor d'Aquitaine inaugurent le chœur de la basilique de Saint-Denis. "La France a inventé l'art gothique que l'on appellera à l'époque l'art français et qui va essaimer jusqu'au fin fond de la Lituanie", rapporte l'historien. "C'est la naissance de la France qui s'achève en 1214 avec la bataille de Bouvines où Philippe Auguste va exploser nos ennemis", explique-t-il.

Rendre sa fierté à la nouvelle génération

Une bataille de référence dont le 800e anniversaire n'a pas été célébré par le président de la République de l'époque, François Hollande qui a refusé de s'y rendre. "Dans tous les pays au monde quand il y a une bataille fondatrice de notre histoire, le chef de l'État se doit de la célébrer", s'indigne Dimitri Casali qui voit dans cette attitude "le cœur du problème de culpabilisation et de repentance française" et la tentative "de gommer toute l'histoire des rois de France pour essayer de la faire commencer en 1789". "On en paie le prix aujourd'hui parce que les Français ont presque honte d'être français", déplore l'historien qui estime la  présidence de François Hollande "catastrophique".

Même exemple dernièrement lors des commémorations de la bataille de Crimée qui se déroula entre 1853 et 1856. Aucun officiel français ne s'est rendu aux cérémonies, sous prétexte de tensions géopolitiques quant à l'appartenance de ce bout de territoire coincé entre l'Ukraine et la Russie. "C'est ça le drame", peste l'auteur qui appelle à "rendre à notre nouvelle génération des mots comme 'patriotisme'". Dimitri Casali fait part de sa sidération "lorsque les mots 'sentiment national' et 'patriotisme' sont gommés des manuels scolaires". "Comment voulez-vous rendre leur fierté à ces jeunes, d'être pleinement citoyens français, d'être intégrés ou assimiler si au lieu de l'amour de la France vous prêchez la détestation et la haine de soi ?", interpelle l'historien.

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