Didier Leschi : "L'écart entre les pays d'émigration et le nôtre n'a cessé de s'agrandir"

Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), président de l’Institut européen en sciences des religions (École Pratique des Hautes Études) et auteur de "Ce grand dérangement, l’immigration en face" (Gallimard), était l’invité d’André Bercoff, jeudi 17 décembre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Didier Leschi invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Parler d'immigration n'est pas toujours facile, surtout quand on la regarde en face. C'est ce à quoi Didier Leschi s'est engagé pour ne plus se voiler les yeux sur ce phénomène trop souvent récupéré à des fins politiques.

"Il y a plusieurs formes d'immigration"

Ce n'est pas un thème facile à aborder et pourtant Didier Leschi a voulu évoquer les problèmes de l'immigration. "Il y a quelque chose qui dérange tout le monde parce qu'on a à la fois affaire à un phénomène massif et en même temps à des personnes individuelles qui peuvent vivre un arrachement pour venir ici", comprend l'auteur qui précise qu'il y a "plusieurs formes d'immigration" et appelle à "remettre les choses en place".

Si depuis longtemps on parle de droit d'asile, "l'immigration que l'on connaît ne se confond pas avec la demande d'asile", explique l'ancien préfet qui évoque aujourd'hui une immigration essentiellement "découplée du travail". Si la France est bien un pays d'immigration, "depuis la seconde moitié du XIXe siècle avec des vagues successives qui ne viennent pas des mêmes endroits jusqu'aux années 1980", rapporte Didier Leschi, à l'époque, "un immigré sur deux venaient du sud de l'Europe, des Italiens, des Espagnols...".

"On n'a pas les mêmes comportements sociétaux, le même rapport à l'autre"

Si une partie des immigrés sont rentrés depuis au pays, "ce qui a augmenté, c'est cette immigration qui nous vient du Maghreb, de l'Afrique subsaharienne et aujourd'hui de pays beaucoup plus lointains qui ont moins d'histoire commune qu'avec la nôtre", observe le directeur général de l'OFII, citant l'Afghanistan, le Soudan, l'Albanie ou encore la Géorgie. "La difficulté, c'est que l'écart entre les pays d'émigration et le nôtre n'a cessé de s'agrandir, au sens où on n'a pas les mêmes comportements sociétaux, le même rapport à l'autre, à la diversité", note Didier Leschi.

Une différence qui s'illustre dans la particularité de notre société à les accueillir. "C'est que le spectre des différences s'est élargi, en terme de population et de culture", souligne l'auteur qui voit dans les pays de départ "la caractéristique et le rétrécissement de la diversité avec la disparition des chrétiens d'Orient qui est un drame important et civilisationnel".

 

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