Des médecins portent plainte contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn

Maître Fabrice Di Vizio, représentant du collectif de soignants C19 était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 20 mars. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn sur le perron du palais de l'Élysée le 29 janvier 2020 à Paris - AFP/Archives

Trois médecins, représentants d'un collectif de soignants, ont porté plainte jeudi 19 mars contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn devant la Cour de justice de la République (CJR), seule instance habilitée en France à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions.

 

Une cour de justice très spéciale

Au nom du collectif C19, récemment créé, les trois plaignants - Philippe Naccache, Emmanuel Sarrazin et Ludovic Toro - ont donc saisi la CJR estimant que le Premier ministre et sa ministre "avaient conscience du péril et disposaient des moyens d'action, qu'ils ont toutefois choisi de ne pas exercer". Le collectif dénonce un manque d’anticipation et une négligence coupable. Pourquoi saisir directement la CJR ? "Parce que c’est la loi, précise Maître Fabrice Di Vizio. Quand vous attaquez quelqu’un qui est ministre au moment des faits, vous êtes tenu de saisir cette juridiction très particulière".

"Mme Buzyn n’est pas justiciable des tribunaux de droit commun, contrairement à son administration", rappelle l’avocat du collectif. L’heure ne serait-elle pas davantage à la mobilisation contre le virus qu’au règlement de comptes ? "Il n’y a absolument aucune intention polémique, c’est pour faire justice. Hier soir, une infirmière anonyme de 44 ans est morte du coronavirus. J’ai dans ma clientèle, je ne fais que cela, des médecins contaminés, des médecins qui vont chaque matin travailler la boule au ventre. Dans les colonnes du Monde, il y a trois jours, n‘est-ce pas Mme Buzyn qui a rompu l’unité nationale ?"

"Le gouvernement est sous surveillance"

"Nous nous étions déjà posés cette question il y a quelques temps, précise Maître Di Vizio. Nous étions prêts à attendre la fin de l’épidémie et du confinement jusqu’à ce que Mme Buzyn aille se confesser publiquement d’avoir commis une faute pénale. On ne peut pas être moins royaliste que le Roi. D’autres médecins positifs n’ont pas assez de moyens. Le but est aussi de montrer au gouvernement que nous veillons, que le confinement n’est pas le confinement du droit. Le gouvernement est sous surveillance ; s’il ne répond pas aux médecins, il aura à répondre aux juges. Et Dieu sait si sous la Ve République, depuis quelques années, le juge se fait particulièrement présent dans la vie politique".

A-t-il fait de façon officielle cette saisine ? "La plainte est partie auprès de la commission des requêtes. La justice fonctionne, les prescriptions continuent de courir, la plainte sera traitée en son temps par la commission des requêtes". "Aujourd’hui, nous sommes vraiment dans une situation où les médecins n’ont rien pour se protéger. Les infirmières à domicile n’ont pas un masque. Nous sommes avec de jeunes internes en réanimation qui doivent se confronter à qui laisser vivre ou mourir. Les conséquences psychologiques vont être terribles, après".

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