Dans les entreprises, faut-il dévoiler tous les salaires ?

L'entreprise GT Location laisse ses salariés fixer eux-mêmes leurs salaires (©Groupe GT)
Faut-il la transparence des salaires en entreprise ? Tout dépend de l'entreprise.

Faut-il dévoiler les salaires dans les entreprises ? Pour quoi faire ? La rémunération est-elle toujours un sujet tabou en France ? Sud Radio lance le débat ce matin, avec :
- Jean-Paul Charlez, président de l’association nationale des DRH ;
- Gilles Satgé, PDG-fondateur de Lucca, qui a rendu publics les salaires de ses employés ;
- Fabrice de L’Épine, membre d’Ethic, président d’Avantif, réseau de coiffure à domicile ;
- Laurianne Rossi, député LREM des Hauts-de-Seine, signataire de l’amendement pour la publication des écarts de salaire.

Les députés ont donné leur feu vert, vendredi dernier, à la publication des écarts de salaire dans les grandes entreprises. Pour autant, en France, parler salaire demeure assez tabou. Alors, quel serait l’intérêt d’aller vers plus de transparence ?

Esprit start-up

En France, les députés ont approuvé la publication de la rémunération moyenne de l’entreprise. Cela vise tout simplement à lutter contre les rémunérations abusives. La France serait-elle gagnée par la mode anglo-saxonne ? En effet, aux États-Unis, les salariés connaissent le salaire du PDG et celui de l’employé le moins bien payé. En moyenne, celui du grand patron y est 300 fois plus élevé. En France, il est 70 fois plus important.

La transparence est déjà testée par certaines entreprises qui cultivent un esprit start-up. En général, les salariés y ont le même profil, 30 ans en moyenne, et le patron, parti de rien quelques années plus tôt, revendique une politique de rémunération cohérente. Mais à l’inverse, dans d’autres entreprises, les patrons ont fait marche arrière. En effet, dans la plupart des cas, la transparence suscite la jalousie, la frustration par rapport à la fiche de paie du collègue…

Qu'est-ce qu'une rémunération abusive ?

Pour Jean-Paul Charlez, président de l’association nationale des DRH,  l’idée est de lutter contre les rémunérations abusives. Mais qu’est-ce que c’est ? "Une rémunération déconnectée de la performance. Henri Ford lui-même disait que l’écart de rémunération maximal devait aller de 1 à 40. Il y a une idée de plafonnement de ces rémunérations. On trouve aussi parfois des aberrations, telles les compagnies aériennes où certains pilotes gagnent plus que le président. Pour moi, une rémunération juste est une rémunération de marché. Au-delà d’une certaine rémunération, notamment dans les entreprises cotées, elle doit être en actions."

Et dans les petites entreprises, la transparence serait-elle une bonne chose ? "Je suis contre, déclare Jean-Paul Charlez. Cela génèrerait des frustrations, des jalousies. Nous sommes dans un système en France où existe une certaine discrétion sur les rémunérations. Acceptons les différences de société”.

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Retrouvez "L'info en vérité" avec Véronique Jacquier, Cécile de Ménibus et Patrick Roger du lundi au vendredi à 9h15 sur Sud Radio.

 

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