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Covid-19 : "En fait, on n’a jamais contrôlé l’épidémie"

Catherine Hill, épidémiologiste, ancienne cheffe de service de biostatistique et d’épidémiologie à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne), était l’invitée de Patrick Roger le 11 décembre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

La circulation du virus devrait s'accélérer avec les fêtes de fin d'année. (Lara Balais / AFP)

La France va vivre Noël et Nouvel An sous surveillance sanitaire. Se dirige-t-on vers une fin de l’épidémie ? Les annonces de couvre-feu et de report d’ouverture des lieux culturels, est-ce une bonne chose d’un point de vue sanitaire ?

 

"Le virus circule partout et il circule vite"

"C’est une petite mesurette qui va essayer de calmer un peu le jeu", estime Catherine Hill, épidémiologiste, ancienne cheffe de service de biostatistique et d’épidémiologie à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne). Avec les déplacements pour les fêtes en famille, "de toute façon, le virus va recommencer à circuler plus, et la situation sera pire en janvier." Faudrait-il des opérations de dépistage ciblé ? "Ciblé, cela n’a pas de sens. Le virus circule partout et il circule vite. La plupart des gens sont contagieux une dizaine de jours."

"Si l’on attend qu’ils soient symptomatiques, soit cinq jours, puis deux ou trois jours pour les tester comme on fait actuellement, plus un jour pour leur rendre le résultat du test, on découvre qu’ils sont contagieux le neuvième jour, quand ils ont pratiquement fini d’être contagieux. Les contacts qu’ils ont eus il y a 3, 5, 7 jours sont déjà eux-mêmes contagieux. En fait, on n’a jamais contrôlé l’épidémie. L’institut Pasteur nous dit que 10% de la population a déjà rencontré le virus. Cela fait 6,5 millions en France métropolitaine, et on en a trouvé environ 2,2 millions. On n’a pas identifié tous les cas et on laisse le virus circuler."

 

"On continue à patauger dans le désordre"

"Trouver tous les cas actifs, ce n’est pas ce que l’on fait, juge Catherine Hill. Au Havre, dépister un quart de la population, c’est comme si vous aviez des souris dans votre immeuble et demandiez au dératiseur d’intervenir dans un étage sur quatre. Cela ne sert absolument à rien, cela laisse le virus circuler. Il faut un dépistage systématique. On dépiste tout le monde, et ceux qui sont positifs, on les isole pendant dix jours."

"On peut le faire, insiste l’épidémiologiste. Mais il faut des prélèvements salivaires qui demandent zéro personnel, juste un tube en plastique. C’est facile de faire des tests groupés, par 20 personnes, et regarder par PCR s'il y a du virus. Si le tube est négatif, les 20 le sont. Ce n’est pas ce qui a été décidé, on continue à patauger dans le désordre. Ce qui manque, c’est une décision politique et une compréhension de la vitesse. Il ne faut pas attendre que les gens soient symptomatiques. Il y a 400 morts par jour, dont 30% dans les Ehpad, c’est un scandale. On n’est pas arrivé à empêcher le virus de rentrer dans les Ehpad !"

 

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