Coup de gueule - "Je n'ai pas mis ma mère en Ehpad pour qu'elle prenne deux mois ferme !"

Depuis trois semaines, la mère de Sabrina - handicapée moteur - est confinée dans sa chambre. Seule, déprimée, elle n'a pas le droit aux visites contrairement à ce que communique l'Ehpad. Sa fille témoigne et alerte notamment sur le besoin pour celle qui lui a donné la vie de voir son kinésithérapeute sans quoi elle perdrait toute mobilité.

La situation est dramatique pour les personnes âgées confinées qui, non seulement, ne voient plus leur famille mais aussi les professionels comme les kinésithérapeutes. (Photo : AFP)

Propos recueillis par Clément Bargain pour Sud Radio.

Sabrina a la voix lourde de colère et beaucoup de choses à dire, à commencer par dénoncer les conditions de vie de sa mère, confinée dans Ehpad public parisien. Sabrina Déliry estime que sa mère de 80 ans est en détresse, seule dans sa chambre depuis plus de trois semaines. L'interdiction des visites dans ces établissements est de plus en plus difficile à supporter pour les résidents et leurs proches. Alors, pour protester, Sabrina fait un sitting chaque jour devant l'Ehpad pour alerter sur la situation. Elle craint que sa mère, handicapée moteur, ne puisse plus marcher à la fin du confinement...

"J'ai une maman qui est détresse psychologique majeure, en déprime profonde. Il n'y a pas une journée où je ne l'ai pas au téléphone en pleurs. Elle est malheureuse, isolée, elle avait des amis à l'EHPAD qu'elle n'a plus le droit de voir. On nous dit dans les communiqués qu'il y a des visites de courtoisie mais c'est faux ! Ma mère a eu droit à une visite : celle de la psy qui lui annonçait qu'elle n'avait plus le droit de sortir. Ils sont emprisonnés. Et moi, je n'ai pas mis ma mère en Ehpad pour qu'elle soit en taule ! Là, ils se sont pris un mois et demi-deux mois ferme".

 

Ce coup de gueule, Sabrina le pousse pour nos aînés, en danger, dans les établissement pour personnes âgées.

Ma mère doit fumer à la fenêtre. Elle a toute sa tête, est très malheureuse, toujours en larmes. Elle est handicapée, n'a plus de kiné depuis le 9 mars. Qui plus est, elle doit conserver le peu de mobilité qui lui reste après un grave AVC. Si elle ne marche pas d'ici le confinement, elle va finir impotente, comme un légume à faire dans ses couches sur un lit. Ce n'est plus possible."