Comment le Stade toulousain survit-il durant la crise sanitaire ?  

Didier Lacroix, président du Stade toulousain, ancien joueur de rugby, était l’invité de Patrick Roger le 22 janvier dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Le président du Stade toulousain, Didier Lacroix, lors d'une conférence de presse, le 3 juin 2020 à Toulouse (Lionel Bonaveture - AFP/Archives).

Comment un grand club comme le stade tient-il le coup sans billetterie ? Didier Lacroix, président du Stade toulousain, se fait le porte-porte parole des professionnels du rugby en ces temps de pandémie.

Un premier déblocage d'aides dans les prochains jours

"2020 a été une saison un peu tronquée, explique l'ancien joueur de rugby. On a bénéficié du chômage partiel. Quand vous êtes au mois de mars, souvent les partenaires se sont déjà engagés pour la saison. On a donc réussi tant bien que mal à équilibrer la saison 2019/2020. En revanche, la saison 2020/2021, qui s’annonçait avec une jauge de remplissage à 5.000 puis 1.000 puis à huis clos, est catastrophique."

"Nous avons 70% de nos recettes en moins, et quasiment 100% de nos charges cette année. J’ai pris l’étendard pour un certain nombre de clubs, pour aller voir l’État et faire valoir nos droits. Nous avons un accord de principe depuis trois à quatre mois maintenant. Nous attendons le premier déblocage dans les prochains jours, fin janvier. Aujourd’hui, nous aurions 70% de la somme, qui couvriraient la période allant jusqu’à fin décembre, complété de 30% fin d’année sur justificatifs des préjudices."

 

"Le contenu télévisuel, ce n’est qu’une partie de notre métier"

Mais 2021 amène de nouveaux préjudices. "Nous retournons au combat pour demander soit une réouverture soit une continuité dans ces aides", explique le président du Stade toulousain. Sur la coupe d’Europe, les deux dernières journées ont été annulées. "Mais nous espérons faire la phase finale remodelée à partir du mois d’avril, avec 4 week-ends consacrés aux derniers matches. Les diffuseurs ne sont pas très contents et verseront moins d’argent. Mais au moins, nous pourrons jouer cette compétition au mois d’avril." Quid des exonérations de charges ? "Elles étaient plafonnées par la Commission européenne, décrypte Didier Lacroix. Pour 2020, nous n’avons pas réussi à avoir de déplafonnement. En revanche, en 2021, on devrait pouvoir, mais ce ne sera pas suffisant au regard de la billetterie et des matches importants qui nous manquent. Donner du contenu télévisuel, ce n’est qu’une partie de notre métier, mais pour l’instant on se raccroche à cela."

La vente du maillot spécial et le mur de soutien ont-ils été un succès ? "C’est la grosse satisfaction du moment. Le mur du soutien, qui nous permet de financer notre formation et nos actions sociétales, a été une grande réussite avec plus de 20.000 briques et 1,4 million d’euros. Nous avons un maillot spécial coupe d’Europe, une belle histoire à raconter. L’ensemble des produits a été vendu dans nos boutiques à l’occasion des fêtes de fin d’année, alors que l’on a encore jamais joué avec ce maillot ! Cela montre l’adhésion et l’esprit de solidarité des supporters du Stade toulousain. Cela fait du bien quand on se rend compte que les gens sont là derrière nous."

 

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