Alexandra Henrion-Caude : "J'ai l'impression qu'on est revenu au temps des devins"

Alexandra Henrion-Caude, généticienne, directrice de recherche à l’Inserm à l’Hôpital Necker, créatrice du site internet science-en-conscience.fr, était l’invitée d’André Bercoff, lundi 16 novembre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Alexandra Henrion-Caude invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Après avoir participé au documentaire contesté, Hold Up, Alexandra Henrion-Caude s'estime particulièrement "choquée que l'on nous traite de complotistes". Une accusation "très grave", selon elle, tout en précisant n'avoir "aucun conflit d'intérêts et aucun lien avec un laboratoire".

 

"On ne peut pas parler d'un problème de santé publique"

Si le pic de la seconde vague de l'épidémie du Covid-19 est annoncé comme atteint, la généticienne entend rappeler quelques chiffres, notamment sur les excès de la mortalité. "Il y en a eu un en mars-avril, il n'y en a pas de notable depuis", affirme-t-elle, s'appuyant sur ces chiffres pour avancer que "l'on ne peut pas parler d'un problème de santé publique, d'urgence sanitaire", avance Alexandra Henrion-Caude.

"Il suffit de regarder les taux de létalité qui sont indiqués par CDC [centres pour le contrôle et la prévention des maladies]", invite la fondatrice du site science-et-conscience.com. Une institution américaine qui précise que le taux est tombé à 0,2%, après avoir atteint les 0,5% au plus fort de la crise. "Ils font un calcul global en dissociant les institutions de santé et là on tombe à 1 pour 1.000", souligne-t-elle. "On est vraiment sur une autre histoire", conclut la généticienne.

 

Des chiffres sans justification qui servent à la projection

"Au moment où on est en train de continuer sur une lancée sur la trajectoire d'un pic épidémique qui avait toute la justification de précautions, là on n'a plus de justification", note Alexandra Henrion-Caude, regrettant de voir "qu'on parle de 400.000 morts". "Même si on a un taux de létalité de 0,5%, ça voudrait dire qu'on serait au total plus de 80 millions de personnes infectées en France", souligne non sans ironie la généticienne, soulignant qu'en France "il n'y a que 67 millions d'habitants".

Des prévisions qui donnent l'impression "qu'on est revenu au temps des devins, des oracles". "On était en plein pic épidémique, avec un nouveau virus, une nouvelle maladie, qu'on nous parlait déjà d'une deuxième vague. Là on entend une troisième, une quatrième", déplore Alexandra Henrion-Caude. Des chiffres qui servent de projection, qui jusqu'à présent, "ont montré les grandes limites de la projection".

 

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