Étude : les Français coincés entre la nécessité de se véhiculer et la hausse du prix du gasoil

Édouard Philippe et son gouvernement pensaient avoir calmé les ardeurs des gilets jaunes sur la question du prix des carburants. Il n'en est rien, notamment avec la hausse actuelle du gasoil, d'autant plus qu'une étude de l'observatoire Cetelem démontre l'attachement des Français à leur voiture et la nécessité pour eux de se véhiculer, surtout dans les petites villes et les campagnes. Tandis que les habitants des grandes villes bénéficient des transports en commun et d'un pouvoir d'achat plus conséquent, la grogne dans les territoires est loin d'être terminée. Fracture territoriale, baisse des ventes de voitures neuves, et hausse du coût d'entretien et de plein d'essence.

Les automobilistes en colère et sans issue à l'heure de la hausse des prix du gasoil (Photo by Sameer Al-DOUMY / AFP)

Un reportage de Clément Bargain

 

En France, seuls 32% des automobilistes des petites villes déclarent avoir pu renoncer à faire des trajets en voiture en raison des prix du carburant contre 67% dans les métropoles. C’est ce qui ressort d’une étude de l’Observatoire Cetelem de l’automobile. Tout cela s'explique par l'absence de transports en commun dans la plupart des territoires et des petites villes, là où la voiture est pour beaucoup le seul moyen de locomotion. De fait, ce sont ces Français qui sont le plus exposés à la hausse des prix du carburant d'autant plus que des parallèles sont chiffrés sur un pouvoir d'achat bien moins conséquent dans les petites villes que dans les métropoles.

En France, on compte 590 véhicules pour 1.000 habitants et pour les automobilistes, le prix du carburant constitue la dépense principale, loin devant l'assurance et les coûts d'entretien et tout ce qui est lié à l'automobile (achat, entretien, plein d'essence) constitue parfois même la deuxième dépense des ménages, juste derrière le logement. La voiture représente un budget bien trop conséquent pour la majorité des Français.

 

Comment réagissent les Français à l'idée d'une hausse du prix du gasoil ?

À 68 ans, Maria n’envisage pas de vivre sans sa petite citadine, à laquelle elle est "très attachée, ne peut pas vivre sans elle". C'est également "la liberté, l'indépendance, faire ce que j'ai envie de faire". Comme 80 % des Français, Antoine est lui aussi très attachée à sa voiture. Mais le porte-feuille en prend un coup…

"Aujourd'hui, le contrôle technique est de plus en plus cher. Je prends toujours 10 à 15 euros pour anticiper les différences de prix sur l'essence." s'indigne Antoine, automobiliste au quotidien.

Alors, face à ces dépenses, certains automobilistes lèvent le pied. Plus question de faire des déplacement inutiles pour Danielle.

"On se déplace beaucoup moins souvent et à chaque déplacement, on essaie de faire le plus de choses possibles avec la voiture pour ne pas la ressortir une deuxième fois" regrette Danielle, une autre automobiliste.

Seulement, tout le monde n'est pas en mesure d’abandonner sa voiture, surtout quand on habite dans des petites villes ou des zones rurale. Pour Flavien Neuvy est économiste et directeur de l’Observatoire Cetelem, "essaient de se débrouiller comme ils peuvent".

"Les automobilistes essaient de trouver des solutions : rouler moins vite, acheter des voitures d'occasion plutôt que des voitures neuves dont les ventes ont baissé de 8% cette année" observe Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem

 

La voiture, symbole de la fracture entre les grandes villes et les territoires

Ce matin, Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem, était l'invité de Patrick Roger et Cécile de Ménibus dans le Grand matin. Il évoquait la voiture comme allégorie de "deux France qui ne se comprennent pas".

"D’un côté, on voit la voiture en fonction des inconvénients, comme la pollution, la congestion urbaine, détaille Flavien Neuvy. De l’autre, on la voit comme une liberté, la possibilité de pouvoir vivre, tout simplement."

Retrouvez l'article complet en cliquant ici : "La voiture, symbole de deux France qui ne se comprennent pas"