Stéphane Le Foll : "Il faut que le gouvernement change de méthode"

Stéphane Le Foll, maire PS du Mans et ancien ministre, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 30 septembre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Stéphane Le Foll, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 30 septembre à 7h40.

Stéphane Le Foll : "Il faut que ce gouvernement change de méthode"

Alors que l'épidémie de Covid-19 connaît un rebond et que de nouvelles mesures sont instaurées partout sur le territoire, le maire du Mans fait part de son manque de concertation avec le préfet. "On se rencontre, admet Stéphane Le Foll, mais ce qui ne va pas du tout, c’est que l’on apprend les décisions prises le soir à la télévision. Quels sont les critères ? Tout cela donne l’impression qu’il y a un peu de panique", regrette l'ancien ministre de l'Agriculture.

Stéphane Le Foll déplore une cacophonie au sein même du gouvernement. "Jean Castex dit quelque chose un jour, puis Olivier Véran prend la parole, les ARS appliquent la politique du ministère de la Santé et disent aux préfets ce qu'il faut faire", observe-t-il. Au Mans, le préfet a pris un arrêté de limitation à 30 personnes dans les sphères privées. Une nouvelle règle à laquelle le maire PS l'a appris "dans la presse". "C’est chaotique. Il faut que ce gouvernement change de méthode, qu’il se dise qu'on va gérer de manière collective", interpelle le socialiste qui souhaite "éviter ce qui s’est passé sur Marseille". "Tout cela, on doit le discuter avant, avoir une méthode", recommande-t-il.

 

"L’homme des territoires a un peu disparu"

Présenté comme l'homme des territoires lors de sa nomination à Matignon, Jean Castex ne semble plus tenir son rôle. "L’homme des territoires a un peu disparu. On voit bien qu’Olivier Véran a repris la main. On a rajouté un conseil scientifique. Ces gens-là parlent, ensuite on attend, on a des commentaires…", s'indigne Stéphane Le Foll, qui dénonce une "espèce de scénographie".

Une accusation qui s'adresse également à Barbara Pompili, la ministre de l'Écologie, où le maire du Mans dénonce "la mesure gadget qui a été celle pour chauffer les terrasses, sans impact réel sur le réchauffement climatique". Il aurait préféré une annonce sur "l’isolation des bâtiments", une priorité pour lui, "quand on sait ce qu’est la consommation électrique". "S'il faut faire des annonces pour exister, cela ne sert à rien", estime Stéphane Le Foll qui appelle à "se rendre compte qu'il a fallu attendre la Covid pour avoir ces mesures, ce qui me paraît incroyable".

 

"On ne fera pas que des pistes cyclables et de la végétalisation"

À l'approche des élections présidentielles de 2022, la question d'une alliance entre le Parti socialiste et Europe-Ecologie Les Verts se pose. "Quand on veut gagner, il faut avoir un projet qui s'adresse à une majorité de Français", rappelle-t-il. Alors que les élections régionales se profilent l'année prochaine, Stéphane Le Foll appelle à "se poser des questions fondamentales". "Toutes les régions vont avoir des candidats socialistes, sans que l’on sache les différences. Êtes-vous pour la décroissance ou capable d'une autre croissance ? Contre la 5G ou sur un moratoire ? Et nous, nous sommes pour quoi ?", interroge-t-il.

D'ici 2022, le Parti socialiste devra choisir son candidat. Le nom d'Anne Hidalgo circule, comme celui d'Audrey Pulvar. "Quel est l’objectif ? Je ne suis ni pour ni contre, mais pour faire quoi ? On ne fera pas que des pistes cyclables et de la végétalisation", prévient l'ancien ministre. Première étape dans ce choix, le congrès du PS auquel Olivier Faure se représentera pour garder les rênes. Un rendez-vous auquel n'ira pas Stéphane Le Foll. "Je suis maire du Mans, j’ai envie de travailler sur le fond", prévient-il en assurant que "Le Parti socialiste n’est pas mort". 

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