Sarah El Hairy : nos jeunes "ne sont pas la génération sacrifiée" mais "la génération des solutions"

Sarah El Hairy, Secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de l'Engagement, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 24 novembre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Sarah El Hairy interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 24 novembre 2020 à 7h40.

Sarah El Hairy : "Face à la précarité d’une partie de la population d’où qu’elle vienne, la réponse de notre pays doit être la protection"

Dans la soirée du 23 novembre 2020, les forces de l’ordre ont démantelé un camp de migrants à Paris. Les images de cette intervention musclée ont largement choqué l’opinion, en plein débat sur la loi sécurité globale, au point que Gérald Daramanin a commenté et a annoncé demander un rapport. Sarah El Hairy rappelle que "nous sommes dans un pays où c’est un État de droit" et déclare comprendre "la décision de l’évacuation". Néanmoins, elle dit être "dans la suite logique des propos de Gérald Darmanin : il faut une mise en lumière". "Les images effectivement sont bousculantes.Elle se retient toutefois de commenter plus : "dans le moment où on est ce matin, il est inutile de rajouter du flou au flou".

Les camps de migrants inquiètent, surtout ceux à Paris. La secrétaire d’État chargée de la jeunesse et de l’Engagement estime qu’effectivement "c’est une préoccupation". "Mais pour deux raisons : la première, c’est évidemment comment on accompagne des personnes qui sont en grande précarité, comment on les met à l’abri" ; "et en même temps, il y a des règles." "Face à la misère, face à la précarité d’une partie de la population d’où qu’elle vienne, la réponse de notre pays doit être la protection."

 

"Il faut que chacun aide à sortir de cette crise sanitaire"

Emmanuel Macron va tenir une allocution présidentielle le 24 novembre 2020 pour annoncer la suite du confinement généralisé. "Le cap n’a pas changé", explique la secrétaire d’État : "on teste, on trace, on isole". Si des allègements sont annoncés, "ce qui est certain c’est que oui, nous continuerons à vivre avec le virus tant que nous n’avons pas de vaccin. Et oui, il faut adapter nos règles".

Aux commerces et professionnels qui craignent de fermer boutique, Sarah El Hairy souligne que "la guerre, elle est d’abord sanitaire. Ce n’est jamais agréable de dire à quelqu’un tu ouvres ou tu n’ouvres pas. Mais une règle, de fait, exclut une partie. La priorité de toute l'équipe gouvernementale c'est de protéger la santé des Français tient-elle à souligner, et surtout d'accepter de s'adapter en fonction de l'évolution de la courbe du nombre de contaminations, de la situation dans les hôpitaux".

Sur la politique de dépistage, elle souligne que "les tests sont accessibles" notamment depuis l’arrivée des tests antigéniques "beaucoup plus rapides". "On a des tests au sein des établissements scolaires, nous avons des tests aujourd’hui très largement diffusés." Toutefois, elle rappelle qu’il faut "que chacun aide à sortir de cette crise sanitaire. Et pour y aider, on peut tous être acteurs, par les gestes barrières, la distanciation sociale".

 

"Les jeunes, c’est la génération des solutions, c’est la génération qui va nous aider à passer le cap de la crise sanitaire"

Les jeunes sont particulièrement touchés par la pandémie qui a changé radicalement toute leur vie ainsi que leurs plans, par exemple en mettant un terme aux cours à l’université et en interdisant les soirées entre amis. "À ces jeunes, je leur tire mon chapeau", déclare Sarah El Hairy. "Je suis très fière de notre jeunesse parce que, en fait, je ne suis pas d’accord avec vous quand vous dites ‘ils sont victimes’" puisque tout le pays est touché. Les jeunes "se mobilisent" : "je les ai vus trouver des solutions".

"Oui c’est dur parce que c’est un âge où on a envie de faire beaucoup de choses" concède-t-elle et certaines de ces choses sont interdites. "Mais on fait plein d’autres choses : on réinvente des manières d’aider" les grands-parents, les copains… "C’est ça cette génération solidaire."

Alors que certains estiment que les jeunes sont une génération sacrifiée, la secrétaire d’État n’est absolument pas d’accord : "ce n’est pas une génération sacrifiée parce qu'une génération sacrifiée est une génération morte, qui ne fait plus rien". Elle rappelle également que le gouvernement a injecté 6,5 milliards d’euros "rien que pour eux". "Cette génération, c’est la génération des solutions, c’est la génération qui va nous aider à passer le cap de la crise sanitaire."

 

"Pour renouer les jeunes avec la République et la laïcité, il faut mettre des mots clairs sur des principes clairs"

Certains jeunes ne se reconnaissent plus dans les valeurs de la République et dans la laïcité, un sujet majeur pour le gouvernement. La secrétaire d’État explique que "notre jeunesse est différente, d’un territoire à l’autre, d’un âge à l’autre". "Plus que jamais nous avons le devoir de les protéger."

Pour renouer les jeunes avec la République et la laïcité, il faut mettre "des mots clairs sur des principes clairs, les principes qui nous régissent : les principes républicains. On réexplique à l'école et en dehors de l'école, et on fait que les maillons de la chaîne de transmission portent le même discours : "nous sommes dans un pays, nous sommes dans une République qui protège : les valeurs républicaines, c’est ce qui te permet de vivre ensemble, c’est ce qui te permet en réalité de croire ou de pas croire si on parle de la laïcité, c’est ce qui te permet de pratiquer ta foi avec toute la protection ; et en même temps, de protéger celui qui ne croit pas."

"La République et l’école, dans le fond, c’est ce qui te permet de t’émanciper, c’est ce qui te permet de ne pas être condamné à vivre simplement en fonction de la famille dans laquelle tu es né. C'est ça le rêve français, c'est ça la République" affirme Sarah El Hairy.

 

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