Sarah El Haïry : "Cette crise nous a appris à ne jamais dire jamais"

"Le variant Omicron accélère, on accélère aussi, résume Sarah El Haïry, secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse et de l’engagement.

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Sarah El Haïry était interviewée par Benjamin Glaise sur Sud Radio, le 22 décembre, dans "le petit déjeuner politique".

Face au variant Omicron, le gouvernement avance son calendrier sur le passe vaccinal. Un Conseil des ministres extraordinaire sera réuni lundi 27 décembre 2021 pour évoquer un projet de loi renforçant encore les outils de lutte contre la pandémie. Les députés examineront ce texte dès le 3 janvier. Serait-ce panique à bord ?

Sarah El Haïry : "Le vaccin est le meilleur bouclier que l’on ait"

"Le variant Omicron accélère, on accélère aussi, résume Sarah El Haïry, secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse et de l’engagement. Il n’y a pas de vacances avec le Covid. Si l’on veut préserver un temps de pause en famille, on met les bouchées doubles. Hier, nous avons dépassé des records avec plus de 250.000 personnes vaccinées." Un tel calendrier n’est-il pas un déni de démocratie ? "Le déni serait de ne pas protéger les gens. Hier, nous avons eu plus de 225 morts et un pic de contamination." À l’inverse d’autres pays, la France ne prend pas de mesures d’urgence ? "Parce que nous ne sommes pas pris de court, contrairement à d’autres pays. Les Français se sont fait massivement vacciner. Nous avons assez de doses, avec 600 centres de vaccination complémentaires. Oui, on se dote de nouveaux moyens et d’un passe vaccinal, avec un débat parlementaire."

Maintient-elle ses propos selon lesquels les non vaccinés sont des pro-virus ? "En fait pour moi, c’est assez clair. Je ne vais pas le retirer. Cela fait deux ans et demi qu’on dit aux gens de se faire vacciner. Cela leur permet d’être en bonne santé, de protéger les gens qui les entourent." Pas totalement ? "Bien sur que si ! Quand on est vacciné, on risque 90 fois moins de se retrouver à l’hôpital en réanimation et de mourir du Covid. Si on ne considère pas que c’est de la protection, je ne sais pas ce que c’est." Des personnes au schéma vaccinal complet sont pourtant à l’hôpital ? "Je ne le nie pas mais c’est une très large minorité. Il y a un an et demi, on ne savait et c’est normal. C’est plutôt sain de se poser des questions. La science a suffisamment prouvé la pertinence du vaccin." Il demeure pourtant des incertitudes sur la durée de la protection de la 3e dose, tandis que l’on en arrive à la 4e dose en Israël. "Oui, il y a des choses que l’on ne maîtrise pas encore dans les variants. On n’a pas le luxe, face à un virus qui vous envoie à l’hôpital, de se dire peut-être. Le vaccin est le meilleur bouclier que l’on ait. Ceux qui ne se vaccinent pas prennent des risques, pour eux et pour les autres."

Sarah El Haïry : "Il faut aller vers le vote électronique"

La vaccination des 5-11 ans démarre maintenant. Pourquoi ne pas repousser la rentrée, par rapport à la période d’incubation ? "Le cap sur l’école a toujours été le même : on garde les écoles ouvertes. On a fermé nos écoles six fois moins quand on compare à nos voisins. Sinon on multiplie les inégalités." Cette vaccination peut-elle devenir obligatoire pour les enfants ? "Cette crise nous a appris à ne jamais dire jamais. Des variants arrivent, la science nous éclaire au fur et à mesure. Mais on n’a jamais pris nos décisions au petit bonheur la chance. On s’est appuyé sur des données scientifiques."

Au premier tour de la présidentielle, 87% des jeunes de 18-24 ans se sont abstenus. Comment les faire voter ? "Je crois qu’il faut un électrochoc démocratique. Nous n’avons pas une jeunesse qui s’en fiche. Mais elle ne croit plus à la force de la démocratie." Il faudrait notamment, estime Sarah El Haïry, secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse et de l’engagement, "moderniser notre manière de voter, faciliter les inscriptions sur les listes, peut être sur les campus, télécharger sa carte électorale sous forme numérique… Et enfin, au-delà des procurations, aller vers le vote à distance, le vote électronique. Et aller vers la proportionnelle."

Sarah El Haïry : "Je lutte contre le wokisme et contre l’extrême-droite"

Eric Zemmour, entre 12 et 14% dans les sondages, n’a pas encore ses parrainages. Est-ce normal ? "Il y a une sorte de réthorique de l’extrême-droite assez classique. Eric Zemmour ne fait que la réutiliser. On passe d’un discours de haine à un moment de victimisation. C’est simple : c’est un temps démocratique. » Quid des pressions sur certains élus  ? Certains disent « je ne veux pas sortir des rangs car les propos d’Eric Zemmour sont nauséabonds. C’est leur responsabilité de donner leur parrainage ou pas. Mais cela engage."

Klaus Kinzler, un enseignant, vient d’être suspendu 4 mois alors qu’il dénonce une chasse à l’homme idéologique à Science Po Grenoble. L’université française est-elle dévorée par le wokisme et la cancel culture ? "Je suis une combattante, il faut combattre les deux idéologies qui nous prennent en tenailles, ne nous permettent pas de vivre modèle d’universalité français, estime  Sarah El Haïry, secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse et de l’engagement. Je lutte conter le wokisme et contre l’extrême-droite. Le gouvernement a réagi et continuera à réagir. Il faut ne pas laisser des discours wokistes peser sur la voix de certains enseignants."

Sarah El Haïry, secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse et de l’engagement, était l'invitée du “petit déjeuner politique” le 22 décembre sur Sud Radio.

Cliquez ici pour écouter "L’invité politique" avec Benjamin Glaise, à retrouver du lundi au vendredi à 8h15 

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