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Razzy Hammadi : "La mort du PS a été annoncée maintes et maintes fois"

Par Benjamin Jeanjean

Député sortant de Seine-Saint-Denis et porte-parole du Parti socialiste, Razzy Hammadi était l’invité ce vendredi de Territoires d’infos, le rendez-vous politique quotidien de Sud Radio.

Invité ce vendredi de Territoires d’infos, le rendez-vous politique quotidien de Sud Radio, le porte-parole du PS, Razzy Hammadi, a naturellement évoqué l’avenir de sa formation politique, qui a subi un cinglant revers lors de la dernière élection présidentielle et apparaît aujourd’hui plus proche que jamais de l’explosion. "Un risque de mort du PS ? Cela a été annoncé maintes et maintes fois. La vraie question, c’est de se demander pourquoi il vit. À quoi sert-il ? Je pense que c’est un parti qui doit entendre ce qui s’est passé, se montrer à la hauteur et dire que nous sommes de gauche", déclare-t-il.

"Au PS, il ne faut pas changer les têtes mais ce qu’il y a dedans"

S’il n’écarte pas l’hypothèse d’un changement de nom du parti ("pourquoi pas"), Razzy Hammadi estime que cela ne suffirait pas. "Je ne veux pas refaire ce qui a été fait par le passé, à savoir haro sur le QG et changer les têtes. Ce qui est important, c’est de changer ce qu’il y a dedans. Avoir un parti de gauche sérieux, de gouvernement, responsable, et qui ne croit pas qu’il faut dire ce que les gens veulent entendre pour être élu et finalement dire que ce n’est pas possible une fois qu’on est au gouvernement", préconise-t-il.

Appelant à ce que "la gauche se rassemble et soit digne des espoirs que les gens mettent en nous", le porte-parole du PS a mis en garde contre le risque de voir arriver un trop grand nombre de "bénis oui-oui" à l’Assemblée nationale en juin prochain. "Je ne vais pas être malhonnête intellectuellement : bien évidemment que les députés LREM seront solidaires de l’exécutif et du président de la République. (…) Un candidat qui dit oui à tout, ce n’est pas l’esprit de ce que doit être nos institutions. Un parlementaire doit pouvoir contrôler, évaluer, et voter ou pas", a-t-il averti.

"Je compte bien voter la loi de moralisation de la vie publique"

Toutefois, le député sortant de Seine-Saint-Denis assure qu’il ne sera pas un opposant systématique au gouvernement actuel. "Je ne crois pas à la gauche qui considère que le reste du monde sont nos ennemis. Je transmets lundi matin une note au nouveau ministre de la Justice sur ce qu’on pourrait mettre en plus dans la loi de moralisation, car je compte bien la voter. Il faudrait notamment transposer au niveau local tout ce qui est exigé au niveau national (embauches familiales, cumul, etc.)", annonce-t-il.

Interrogé sur le projet gouvernemental de sanctionner l’usage de cannabis par des contraventions désormais, Razzy Hammadi s’est prononcé en faveur d’une telle mesure, si elle s’inscrivait toutefois dans un cadre plus global de plan de lutte contre la drogue. Il appelle également à "trancher" l’éternel débat sur la légalisation du cannabis, se prononçant personnellement "pour".

"Ferrand ? Travailler avec sa famille ne se fait pas. Point"

Alors que plusieurs personnalités politiques appellent à la démission de Richard Ferrand suite aux soupçons de favoritisme familial qui pèsent sur ce dernier en Bretagne, Razzy Hammadi est resté prudent. "Ce n’est pas à moi de dire si c’est légal ou pas, mais je considère qu’en politique, il y a des choses qui ne se font pas. Travailler avec sa famille, que ce soit avec de l’argent public ou privé, quand on est engagé publiquement, cela ne se fait pas, point. Mais je considère que ce n’est pas en demandant des démissions tous les quatre matins qu’on fait avancer la moralisation. Les électeurs seront juges", assure-t-il.

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