Prélever l'impôt à la source, c'est vraiment plus simple ?

Prélever l'impôt à la source, c'est vraiment plus simple ?
AFP

Pour répondre à cette question, Véronique Jaquier et Patrick Roger recevaient ce matin Virginie Pradel, avocate fiscaliste présidente de l’institut Vauban, Anne Guyot-Welke, porte-parole de solidaires finances publiques et Corinne Vignon, député en Marche de Haute-Garonne. Débat mené par Véronique Jaquier et Patrick Roger.

64% des auditeurs de Sud Radio jugent le prélèvement à la source plus compliqué, l’inverse du résultat donné ces derniers jours par le sondage du JDD. « On est en train de vivre un psychodrame, estime Véronique Jacquier. 60% des Français sont mensualisés quand on parle de l’impôt sur le revenu. Rappelons que moins d’un Français sur deux paie l’impôt sur le revenu. Ça s’adresse donc à une petite frange de contribuable, évidemment il va y avoir un choc psychologique. Emmanuel Macron est en train de réfléchir parce qu’il y voit un danger pour le pouvoir d’achat. Mais le fond du problème est de réformer fiscalement notre pays. Il aurait fallu mensualiser tous les contribuables avant de passer à cette grande réforme fiscale. »

L’impôt à la source devrait-il être réellement plus simple ? « Tout dépend des cas, estime Virginie Pradel, le cas le plus simple étant un célibataire dont le seul revenu est un salaire. Si on prend le cas d’une famille avec différents types de revenus, un revenu salarié et un revenu d’indépendant, des revenus locatifs, cela devient très compliqué. Je trouve cela extrêmement compliqué », souligne l’avocate fiscaliste.

« Dès 2015, nous avions dénoncé le risque par rapport au système fiscal, fait remarquer Anne Guyot-Welke. D’autres choix auraient pu être opérés pour simplifier la vie du contribuable, par exemple un prélèvement mensuel obligatoire. Notre système fiscal est complexe, le prélèvement à la source est quelque chose qui revient régulièrement. On a des contribuables qui s’inquiètent, on nous dit que les contribuables étaient pour, et maintenant ils sont contre, car ce n’est pas aussi simple que cela. »

Pour Corinne Vignon, députée de La République en Marche, si Emmanuel Macron hésite c’est avant tout à cause d’un « obstacle technique » plus que politique. « Le président a besoin d’avoir des certitudes, ce qui paraît totalement normal. Je tiens à rassurer nos auditeurs, tous les bugs ont été définitivement réglés », assure-t-elle. « Pourquoi Emmanuel Macron doit-il encore obtenir des garanties, si vous nous dîtes que les bugs ont été réglés ? », questionne Véronique Jaquier. « Les anomalies ont été rectifiées, fait remarquer Corinne Vignon. Tout a été réglé, mais il est normal que le président demande des comptes à ses ministres. »

La suite du débat sur le podcast : Prélever l'impôt à la source, c'est vraiment plus simple ?

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