Nicolas Dupont-Aignan : "Les responsables du cas Bridgestone versent des larmes de crocodile !"

Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout La France, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 21 septembre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Nicolas Dupont-Aignan interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 21 septembre 2020 à 7h40.

Nicolas Dupont-Aignan : "je ne suis pas contre le libre-échange, je suis contre le libre-échange déloyal"

La fermeture de l’usine Bridgestone en France, qui prévoit le licenciement de 863 salariés, continue de poser de nombreuses questions. Le gouvernement a annoncé qu’il ne lâchera ni salariés ni élus, mais quant à savoir s’il est en mesure de sauver l’emploi, Nicolas Dupont-Aignan a des doutes : "c’est une vraie question".

 

"Ce qui est terrible dans cette fermeture, c’est que c’est la conséquences de décisions antérieures", souligne le député de l'Essonne et président de Debout La France. "Ceux qui sont responsables de la déroute industrielle du pays viennent verser des larmes de crocodile devant les ouvriers de Bridgestone." Pour lui, la délocalisation de cette usine, comme les autres, est "la conséquence de la signature d’accords de libre-échange depuis 10 ans" ainsi que d’accords européens.

"Si on continue à signer des accords de libre-échange déloyaux, si on continue à financer l’Union européenne qui finance les délocalisations, il ne faut pas s’étonner après que ça ferme." Il précise néanmoins : "je ne suis pas contre le libre-échange, je suis contre le libre-échange déloyal".

 

Réindustrialisation de la France : "le gouvernement fait d’une main le contraire de ce qu’il annonce de l’autre main"

Le député estime qu’il faut "une taxe à l’importation anti-dumping", notamment pour contrecarrer le financement étatique de la part de la Chine de ses usines.

Selon lui, "on n'a pas un vrai plan de made in France, de produire en France, qui passe à la fois par des mesures protectrices et par des mesures offensives, comme la baisse de charges quand on produit en France, une vraie politique différenciée. J'avais proposé qu'on divise par deux l'impôt sur les sociétés quand une entreprise réinvestit son bénéfice sur le territoire français".

Le député de l’Essonne ne semble donc pas faire confiance au gouvernement pour réindustrialiser la France : "il fait d’une main le contraire de ce qu’il annonce de l’autre main". Pour lui, cela entraîne une défiance des Français envers la politique ; les gens sont "résignés" de la politique parce qu’ils voient "des pantins, des gens qui font le contraire de ce qu'ils disent".

Pour Nicolas Dupont-Aignan, dans le gouvernement "il y a un blocage idéologique qui est une incapacité à concevoir une action de long terme".

 

"Scandale des autoroutes" : "l’État, débile ou vendu ?"

Un décret, publié en août 2020, semble autoriser la privatisation de certaines routes nationales, très précisément les portions juste avant d’entrer sur l’autoroute. "On a tous les rapports du monde qui ont montré le désastre de la privatisation des autoroutes, souligne Nicolas Dupont-Aignan. 27 milliards de bénéfices entre 2007 et 2017 pour des sociétés d'autoroutes dont l'Autorité de la concurrence, dans un rapport de 2014, dit que les taux de profit sont abusifs entre 20 et 24%Tout a été dit sur le scandale des autoroutes, insiste-t-il. Je pose la question : l’État, débile ou vendu ?"

"Les sociétés d'autoroutes, le lobby des gens qui s'engraissent au détriment des Français et de l'État, ont demandé d'avoir la portion des routes nationales", explique Nicolas Dupont-Aignan. La privatisation de ces portions de routes nationales est censée permettre leur entretien, mais pour le député de l’Essonne "ça va nous coûter deux fois plus cher" qu’un entretien par l’État. "Je n’ai pas envie de confier à des escrocs" les routes. "Je mets en garde les Français : il faut à tout prix reprendre possession des autoroutes, car c’est à la puissance publique de gérer les biens publics".

 

"On a eu le scandale des masques, maintenant on a le scandale des tests"

75 députés LREM ont lancé un appel à une vaccination massive contre la grippe. "Chacun est libre de faire ce qu’il veut", souligne Nicolas Dupont-Aignan qui ne se joint pas à l’appel du parti présidentiel. "Je préférerais que les députés En Marche se soucient des tests en France."

Alors que cela fait six mois que la première vague a frappé la France, "on est dans un pays où les gens ont leurs résultats de tests quand ils ne sont plus contagieux", les temps de traitement des tests s’étant fortement allongés et pouvant atteindre huit jours. Un délai trop long car "il faut soigner dès le départ", précise le président de Debout la France.

"On fait un million de tests par semaine qu’on jette par la fenêtre car ça ne permet pas de prévenir et d’éviter la propagation de l’épidémie. "On a eu le scandale des masques, maintenant on a le scandale des tests, juge le député. L'affaire des tests est fondamentale si on veut éviter un confinement", ajoute-t-il.

 

"Le basculement politique réussira en 2022 s'il y a une alternative crédible"

Nicolas Dupont-Aignan va tenir son meeting de rentrée au Cirque d'hiver le week-end du 26 septembre. "Je n'appelle pas à une union des droites en soi, mais à une union des amoureux de la France, des gens capables de bâtir une alternative concrète et sérieuse à Emmanuel Macron, affirme-t-il. Le basculement politique que des millions de Français attendent ne dépend pas d'une opposition, mais il réussira en 2022 s'il y a une alternative crédible, que je veux construire".

"Cette alternative crédible passe par deux choses, explique Nicolas Dupont-Aignan : un projet sérieux et l'union. Pour lui, Madame Le Pen seule ne peut pas gagner. Il faut une union de tous ceux qui vont des Républicains qui ne passeront pas chez Macron, à debout la France, à d'autres gens qui ne sont pas politisés et à ceux du Rassemblement national qui veulent travailler sérieusement. Il faut mettre de côté la question des appareils et qu'on se fixe sur un programme de salut public : rétablir l'ordre, produire en France, organiser des referendum".

 


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