Grégory Doucet : "Quand on n'a pas d’idées, on essaie de faire peur"

Grégory Doucet, maire de Lyon, a soutenu la NUPES. Avec quelle réserve de voix cette alliance peut-elle gagner les législatives ?

Législatives
Pour Grégory Doucet, maire ELLV de Lyon, la NUPES peut remporter les législatives.

Le maire de Lyon depuis deux ans, élu avec les soutiens de la gauche, a soutenu la NUPES. Comment peut-elle gagner les élections législatives ? Avec quelles réserves de voix ?

Législatives : "Un refus du Président d’aller au débat"

"Quand vous regardez le chiffre de l’abstention au premier tour, on a sur Lyon pas loin de 70.000 électeurs qui ont voté pour la NUPES, explique-t-il. Quand on regarde la présidentielle, c’est 100.000 personnes. Il existe encore une réserve de voix significative. Sur les quatre circonscriptions lyonnaises, nous sommes au deuxième tour." Pourquoi une telle abstention des jeunes ? "À Lyon, elle est certes importante, mais moins forte qu’en 2017. Mais on constate que les gens ont du mal à aller voter. Sur cette élection, la campagne n’a pas été très présente, entre la guerre en Ukraine et les finances des ménages. Mais au-delà, il y a aussi eu un refus du Président d’aller au débat. Cela a contribué à cette démobilisation."

Elisabeth Borne a accusé Jean-Luc Mélenchon d’être le Premier Menteur, alors que la NUPES conteste les résultats de l’élection donnés par Gérald Darmanin. "Je la laisse à ses polémiques. Il y a eu tripatouillage des chiffres. Pour que la démocratie fonctionne bien, il faut dire quand cela ne va pas. J’aimerais que cette campagne aille enfin sur le fond. Il y a un sujet fondamental : la question du climat. Sur les cinq années qui viennent de s’écouler, la France a été condamnée par deux fois pour inaction climatique par ses propres juridictions. Le Haut Conseil pour le Climat a dit que la France n’avait pas engagé les transformations nécessaires. Des pays ont fait des choix beaucoup plus volontaires que le nôtre."

 

NUPES : "On agite des chiffons rouges"

Qu’a-t-il compris des consignes de vote de la majorité pour le second tour des législatives ? "Apparemment, c’est au cas par cas, constate Grégory Doucet, maire de Lyon et soutien de la NUPES. Franchement, ce n’est pas cela la République, la démocratie. Qu’il y ait nécessité de faire barrage au RN, qui est antirépublicain, fascisant, est une nécessité. Pour moi, la ligne est très claire."  Pour autant, la NUPES est elle aussi accusée d’être anti-républicaine. "J’ai entendu la même chose à Lyon entre les deux tours de la municipale : cela allait être le chaos, on nous a même comparés à Hitler ! Or on voit bien que ce bloc de la NUPES se renforce."

"On est en train de redire la même chose, on agite des chiffons rouges. Tout cela est ridicule. Quand on n'a pas d’idées, on essaie de faire peur." Est-il favorable au retour d’un certain cumul des mandats ? "Non, par principe, j’y suis opposé. Il faut se concentrer sur les fonctions que l’on a. Ma fonction de maire m’occupe 100% du temps." À Lyon, la  proposition de la métropole de créer des pistes cyclables non genrées fait polémique. "L’objectif est de faire en sorte que nos pistes cyclables soient inclusives, accessibles à tout le monde. Que l’on soit un homme ou une femme. Le vélo, c’est majoritairement une pratique masculine. Un certain nombre de femmes n’osent pas.  À nous de lever tous les obstacles à la pratique du vélo."

 

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