"Le gouvernement a besoin de casser le statut des cheminots pour faire éclater la SNCF"

Pierre Laurent (Secrétaire national du PCF et sénateur de Paris) était ce vendredi l'invité du petit-déjeuner politique de Sud Radio.

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Invité de Patrick Roger ce vendredi dans le petit-déjeuner politique de Sud Radio, Pierre Laurent a d'abord réagi à la publication, par l'Insee, de nouveaux chiffres sur le chômage, qui s'avèrent être les plus bas depuis 2009. Des chiffres qui semblent confirmer une relance économique dans le pays et qui font dire à certains que la France pourrait connaître une période de plein emploi dans un futur proche. Selon le Secrétaire national du PCF, ces chiffres sont en trompe-l'œil et ne correspondent pas la réalité du marché

"On est toujours dans une situation de chômage massif"

"Nous ne sommes pas sur la voie du plein emploi et je pense que les propos autosatisfaits du gouvernement sont totalement hors de propos. On a un chômage qui reste officiellement à près de 4 millions de personnes. On sait que l'on a, en plus, plusieurs millions de personnes qui sont touchées par le sous-emploi donc on a 8 à 9 millions de personnes qui sont directement concernées d'une manière ou d'une autre", constate-t-il dans un premier temps. "On est très loin du plein emploi et, en plus, il y a une dégradation, dans à peu près tous les secteurs, de la qualité des emplois (...) On est très très loin d'une amélioration de la situation. D'ailleurs, il suffit d’aller sur le terrain pour s’en rendre compte (...) On a un gouvernement qui est très fort en matière de communication. C'est toujours pareil avec les chiffres, on leur fait dire un peu ce que l'on veut. Structurellement et tant que les politiques actuelles dureront, on est toujours dans une situation de chômage massif ", insiste-t-il encore.

"Le rapport Spinetta, c'est l'ouverture à la concurrence et la privatisation généralisée"

Interrogé ensuite sur le rapport de Jean-Cyril Spinetta qui recommande de mettre fin au statut des cheminots, M. Laurent a mis en garde, expliquant qu'il s'agissait là, pour le gouvernement, d'une stratégie dont le but était, à terme, la privatisation et la disparition des services publics. "Ce qui est en cause, ce n’est pas le statut des cheminots, ce qui est surtout visé (par ce rapport), c’est l’ouverture à la concurrence et la privatisation généralisée du système, avec des fermetures de lignes massives, l'entrée d'opérateurs privés sur l'exploitation des lignes ferroviaires, avec une désorganisation très importante", affirme-t-il ainsi. "On n'a déjà plus la SNCF, on a trois entreprises qui sont sous un chapeau appelé "SNCF", mais qui fonctionnement déjà de plus en plus mal ensemble et c’est d’ailleurs ce qui a conduit aux grosses pagailles dans les gares cet hiver. On veut amplifier ça avec des conséquences toutes simples : le transfert d'une partie croissante du trafic sur la route, à l'inverse de toutes les demandes sociales et écologiques que l'on cesse de nous répéter comme étant des urgences", poursuit-il.

"Pour pouvoir faire ça, le gouvernement a besoin de casser  le statut des cheminots mais il faut bien comprendre que cette affaire du statut n'est pas une affaire corporatiste, c'est juste qu'en réalité, il faut faire voler en éclat le statut des cheminots pour faire éclater la SNCF", surenchérit-il. "Je pense que les cheminots, qui sont des gens très attachés au service public ferroviaire, ne laisseront pas faire cette réforme", conclut-il avec fermeté.

>> Retrouvez l'intégralité du podcast de l'interview :