"Le dédoublement des classes de CP-CE1 se fait au détriment des autres élèves"

Illustration école primaire (©Tim Douet)

Alors que le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé ce matin entre 200 et 300 suppressions de classes en milieu rural pour la prochaine rentrée scolaire, Régis Metzger, co-secrétaire général du Snuipp-FSU, était l’invité du 18h Sud Radio pour aborder cette question.

Entre 200 et 300 classes en moins dans les territoires ruraux, et ce dès la prochaine rentrée scolaire. C’est l’annonce choc effectuée ce lundi matin par Jean-Michel Blanquer. Une annonce que le ministre de l’Éducation nationale a pris soin de contrebalancer en soulignant que des classes continuaient à être ouvertes actuellement dans les départements ruraux. Une pirouette sémantique dont Régis Metzger, co-secrétaire général du Snuipp-FSU, n’est pas dupe.

"Le ministre ne fait que décrire la réalité. Dans tous les comités techniques qui se réunissent actuellement, on décide de l’ouverture et de la fermeture de classes. Donc quand il dit que des ouvertures se feront, c’est une lapalissade ! La question, c’est de savoir combien de fermetures se feront à l’opposé, et quel sera le solde avec les ouvertures… C’est là où nous sommes en profond désaccord avec lui !", assure-t-il au micro de Sud Radio.

"Ces postes manquants, il va bien falloir les trouver quelque part !"

Selon lui, le ministère va avoir du mal à mettre en place correctement l’un de ses grands chantiers : le dédoublement des classes de CP-CE1 en éducation prioritaire. "C'est une mesure louable qui permet de baisser les effectifs des classes. Le problème que nous pointons, c’est qu’elle se fait au détriment de l’ensemble des autres élèves scolarisés actuellement dans nos écoles. Le ministre a une dotation de 3800 postes, et selon notre estimation il lui en faudrait 6200 pour assurer le dédoublement de ces classes. Il lui manque donc 2400 postes. Il fait remarquer qu’il y a une baisse démographique, dont acte. Sauf que cette baisse démographique ne correspond qu’à 1200 postes. Ces postes manquants, il va bien falloir les trouver quelque part !", clame Régis Metzger.

"Nous avons deux enquêtes actuellement en cours, l’une spécifique au dédoublement des classes en zone prioritaire, et une autre bien plus large sur la carte scolaire pour voir où le ministre pourra récupérer les postes. Aujourd’hui, alors que nous avons environ deux tiers des réponses, on peut dire qu’on se dirige effectivement vers 1200 postes manquants, ce qui se traduira par des fermetures de classes. De nombreux départements sont mobilisés, car ils constatent aujourd’hui deux alternatives : soit les effectifs des autres classes sont en augmentation (plus de 30 élèves en moyenne par classe de maternelle dans certains départements), soit on ferme dans classes en milieu rural...", ajoute-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview de Régis Metzger dans le 18h Sud Radio

 

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