Laurent Hénart : "Interdire une liste communautaire produirait l'effet inverse"

Laurent Hénart, maire de Nancy et président du Mouvement radical, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le mercredi 20 novembre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Laurent Hénart interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le mercredi 20 novembre à 7h40.

Au lendemain du discours d'Emmanuel Macron au congrès des maires, Laurent Hénart estime que le président de la République "a clarifié les choses sur au moins deux sujets". Précisant qu'il n'est "pas facile de sortir vivant" du Congrès des maires de France, compte tenu de la diversité des territoires représentés, le maire de Nancy se félicite de l'annonce "d'un acte 2 de son quinquennat, de l'évolution des dotations, de la révision de l'organisation des intercommunalités". "Il va aller au bout du toilettage de la législation" applaudit le président des radicaux, qui souligne "un vrai dialogue avec les élus locaux établit par les nouveaux ministres".

 

Décentraliser pour "être beaucoup plus efficace"

Laurent Hénart souhaite voir davantage de décentralisation, notamment autour de deux enjeux majeurs : "l'emploi et la transition écologique". "Donner plus de pouvoirs aux régions et aux communes, ça permettrait d'être beaucoup plus efficace parce que ça colle au terrain" note-t-il. À titre d'exemple, il verrait bien le secteur de l'emploi "être aux mains des régions et la taxe carbone définie "sur un plan local, plus facile sur des projets concrets". Pour le maire de la capitale lorraine, la décentralisation c'est "des vrais blocs de compétences, des décisions moins aveugles, moins générales, plus concrètes pour que le bulletin de vote soit plus efficace".

Laurent Hénart se félicite "des changements sur les dotations aux collectivités, du projet de loi qui vise à résoudre beaucoup de sujets concrets dans le fonctionnement des collectivités". "Ce sont des avancées qui ne peuvent pas être contestées" estime-t-il. Le maire sortant de Nancy confirme bien, auprès de Patrick Roger, qu'il sera candidat à sa propre succession avec des alliances nouées avec LREM et Les Républicains. "Plus on rassemble large, plus on amène la garantie d'une majorité municipale indépendante" lance-t-il, annonçant que sa candidature sera officiellement présentée "à la mi-janvier".

 

"Les élus ne doivent pas céder à la tentation du clientélisme"

Emmanuel Macron s'est déclaré favorable à l'interdiction des listes communautaires. Des candidatures qui ne devraient pas être présentes à Nancy, "par bonheur" confie le candidat-maire. "C'est une ville où on est intransigeant sur la laïcité, et où on arrive à dialoguer avec les différentes religions. Il y a des principes sur lesquels on ne peut pas revenir, notamment la neutralité dans les services publics" rappelle-t-il. "Quand on en est là on arrive trop tard" affirme Laurent Hénart. "La loi permet de fermer des lieux de cultes, des écoles hors contrat, d'interdire des partis politiques dont sont sorties ces listes, il faut agir en temps utile" estime-t-il.

Il refuse l'idée d'interdire une liste communautaire "à 15 jours du scrutin". "Vous imaginez le climat dans lequel vous allez faire l'élection municipale ?" alerte-t-il. "C'est contre-performant, on va avoir le résultat inverse de ce que l'on souhaite" avertit le président du Mouvement radical. D'après lui, il faut "mettre de la laïcité dans la loi 1901 sur les associations", précisant que le vecteur principal des islamistes, "c'est l'association". Mais Laurent Hénart pointe du doigt les élus déjà en place. "Qu'est-ce qui est plus dangereux ? Une liste qui va faire 0,5-1% ou des maires de grandes villes qui séparent les femmes des hommes dans les piscines" interroge-t-il, en visant explicitement "Martine Aubry à Lille". "Les élus ne doivent pas céder à la tentation du clientélisme" affirme fermement Laurent Hénart.

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