Julien Bayou sur le couvre-feu : il faut "de la clarté et de la cohérence" et non "des exceptions tous les quatre matins"

Julien Bayou, secrétaire national d'EELV et candidat aux Régionales en IDF, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 16 juin 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Julien Bayou interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 16 juin 2021 à 7h40.

Julien Bayou : mettre un genou à terre doit être répété, mais "pas forcément en permanence"

Lors du match Allemagne-France de l’Euro 2020, mardi 15 juin 2021, un activiste de Greenpeace a tenté de se poser en ULM sur la pelouse, risquant de heurter les tribunes. Deux personnes ont été blessées. Julien Bayou "ne condamne pas" l’initiative, mais se dit "heureux qu’il y ait eu plus de peur que de mal". Il se dit toutefois "frustré" de cet événement, car "les Bleus devaient poser un genou à terre et ne l’ont pas fait" à cause d’un "retard de protocole lié à cet incident". "Je trouve que ça aurait envoyé un bon signal", estime-t-il.

 

L’idée que les joueurs de l'équipe de France posent un genou à terre fait toujours polémique, du fait de la symbolique du geste lié au mouvement "Black Lives Matter". Pour Julien Bayou, c’est simple : le geste doit être répété, "pas forcément en permanence" mais dans le cas présent, "c’était le coup d’envoi de la compétition, donc c’était un moment important".

 

"On doit avoir la levée de ce couvre-feu, tenons nous-y"

Malgré le couvre-feu à 23 heures, qui sera supprimé le 30 juin prochain, des Français ont fêté la victoire. "Je n’avais pas compris ce qu’avait dit le ministre de l’Intérieur", explique le secrétaire national d’EELV. "On est un peu tous fatigués de la situation, et c’est normal", souligne-t-il tout en rappelant de "garder les gestes barrières". "On a tous envie de retrouver un semblant de vie normale", estime-t-il appelant à de la "clarté" et de la "cohérence".

"On a toujours réclamé la clarté, la cohérence, la concertation", rappelle Julien Bayou, qui se dit "révolté sur la jurisprudence Roland-Garros". Les spectateurs de la demi-finale du tournoi de tennis, qui ne sont pas "des smicards", ont eu le droit de "rester après 23 heures", alors que pour le match France-Allemagne, aucune dérogation n’a été accordée. "Si on commence à faire des règles comme ça, il n’y a plus rien qui va", prévient le secrétaire national d'EELV. "Fin juin, on doit avoir la levée de ce couvre-feu, tenons nous-y".

 

 

Le candidat aux élections régionales se demande ce qui va se passer le 21 juin, jour de la fête de la musique. "Est-ce qu’on nous dit 23 heures, est-ce qu’il y a tolérance après, est-ce qu’on lève le couvre-feu ? On a besoin de savoir", appelle-t-il. "Ne faisons pas des exceptions tous les quatre matins, sinon, littéralement, non seulement on s’en sort plus, non seulement c’est plus compliqué pour la police. Et puis, en fait, psychologiquement on est fatigués", souligne Julien Bayou.

 

"On veut traduire en acte les propositions de la Convention citoyenne pour le climat"

Le premier tour des élections régionales aura lieu dimanche 20 juin, et Julien Bayou, candidat en Île-de-France, apparaît en quatrième position dans les sondages. "Nous voulons mettre l’Île-de-France sur les bons rails de la transition écologique et de la justice sociale", annonce le représentant d'EELV. "Quand on agit pour le climat, on agit pour l’emploi", explique Julien Bayou du fait de l’augmentation de la demande dans les activités "favorables au climat". "Mais on agit aussi pour notre bien-être", précise-t-il.

Alors que ce mercredi 16 juin 2021 devrait être une journée de chaleurs record, 35 degrés attendus à Paris, Julien Bayou estime que cela est dû à "l’inaction climatique, c’est l’inaction contre la pollution". "Dimanche, on a vraiment l’occasion de prendre le virage du bien-être", argumente-t-il. "On veut traduire en acte les propositions de la Convention citoyenne pour le climat qui ont été malheureusement renvoyées à plus tard et édulcorées par le gouvernement", regrette le candidat aux régionales en Île-de-France.

 

 

L'enjeu, pour lui, "c’est d’être en tête à gauche, peut-être même sur le podium devant La République en Marche". Un résultat possible, selon le candidat, mais qui dépendra "de la mobilisation des électeurs". Le candidat se félicite d'avoir rassemblé "sept partis écologistes" autour de sa liste, qui étaient aux européennes, réparties derrière les candidatures de Yannick Jadot, Benoît Hamon et Delphine Batho.

 

"Réduire le nombre de jets privés"

La région "peut agir" sur le bien-être des animaux, sur "le zéro-déchet, l'aménagement des territoires et la formation dans les métiers qui ont du sens". Mais Julien Bayou se retrouve sous le feu des critiques pour vouloir fermer l'aéroport du Bourget. Le candidat prend exemple sur Berlin et la base 217 dans l'Essonne. "On peut faire beaucoup de choses avec ces infrastructures qui ont servi, mais qui servent un peu moins", estime-t-il.

Au Bourget, 50.000 rotations de jets sont dénombrées, "ce qui pollue beaucoup plus que l'avion de ligne". Le candidat souhaite "réduire le nombre de jets privés", assurant vouloir "se donner le temps de le faire".

 

"Tous les discours sont verts juste avant l'élection"

La filière du bois lance un cri d'alerte. Deux arbres sur trois qui sont abattus dans nos forêts sont vendus à la Chine. Ce qui pose deux problèmes pour l'écologiste : "celui de l'export et le fait de transformer nos forêts en machine à bois". "Il faut protéger ces arbres", appelle Julien Bayou qui se félicite que la forêt "reprend du terrain en France". Il souhaite "développer la filière bois en France" en relocalisant la valeur ajoutée.

Valérie Pécresse met en avant sa fibre écologique dans sa campagne pour sa réélection à la tête de l'Île-de-France. "Tous les discours sont verts juste avant l'élection", souligne Julien Bayou qui estime "qu'elle n'a rien fait". Si la présidente sortante semble soutenir le vélo, "elle l'a combattu pendant tout son mandat", rappelle l'écologiste. "Tout ce qu'elle a fait, c'est de financer les chasseurs", regrette-t-il, appuyant sur des "dizaines de milliers d'euros dépensés par la région" au profit des chasseurs.

La mairie de Paris réfléchis à rendre le stationnement des deux-roues essences payant dans la capitale. "Il faut être honnête, c'est un peu l'anarchie", note Julien Bayou qui déplore que parfois sur le trottoir, "on ne puisse plus passer avec une poussette". "Il faut organiser tout ça, j'y suis favorable", admet-il.

 

 

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