Jacques Baud : en France, Navalny "ne serait pas qualifié de démocrate"

Jacques Baud, colonel d'état-major général, ancien analyste des services de renseignement stratégique suisses, était l’invité d’André Bercoff, jeudi 1er juillet 2021, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Jacques Baud, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Contrairement à l’habitude qui veut que, depuis des années, on parle de "l’oeil de Moscou", Jacques Baud, colonel d'état-major général, ancien analyste des services de renseignement stratégique suisses, parle de "l’oeil de Washington" concernant Alexeï Navalny, dans son livre L'affaire Navalny, le complotisme au service de la politique étrangère". Max Milo

 

Navalny "a eu quelques démêlés avec la justice qui ont leur importance dans l’évolution du dossier"

Ce dernier "est un opposant au régime de Poutine depuis 2005", rappelle l’auteur. "Il est juriste de formation, il a eu quelques démêlés avec la justice qui ont leur importance dans l’évolution du dossier", explique Jacques Baud, notamment car "au début des années 2000, il fait partie de ces jeunes j’allais dire ‘loups’ de la finance, en quelque sorte, qui démantèlent les entreprises pour les revendre en pièces".

De fait, au début de sa carrière, Alexeï Navalny travaillait au sein de l’oligarchie russe, "et puis, là-dedans, il a plusieurs affaires judiciaires qui sont liées", et une particulièrement importante qui est "l’affaire avec Yves Rocher", explique l’ancien analyste. Cette affaire concerne "l’attribution de marchés à une entreprise pour le transports des produits Yves Rocher", affaire dans laquelle a joué un rôle le frère d’Alexeï Navalny qui a été en charge de l’attribution de ces marchés, "qui lui était fonctionnaire" en Russie "et qui, en réalité, a reçu de l’argent pour ça", raconte Jacques Baud. "C’est une affaire de corruption, dans laquelle Navalny n’était pas directement impliqué : il est comme complice, dans cette affaire."

De fait, le frère de Navalny a fait "de la prison ferme pour ça", tandis qu’Alexeï Navalny a eu du sursis. Un sursis "qui a été déplacé parce qu’il a fait des appels", précise le colonel d’état-major. "Et donc ça s’est prolongé jusqu’à maintenant."

 

"Chez nous, il serait probablement lié à l’extrême droite, si on faisait une comparaison"

"Mais, au-delà de ça, c’est un militant ultra-nationaliste, clairement", souligne Jacques Baud en parlant de Navalny. "Chez nous, il serait probablement lié à l’extrême droite, si on faisait une comparaison." Il précise que dans son livre, L'affaire Navalny, le complotisme au service de la politique étrangère". Max Milo, il cite "un article publié dans un article proche du parti démocrate aux États-Unis qui disait : ‘si Navalny était Américain, on le comparerait à Trump’".
Navalny a donc tenté de créer plusieurs partis et de "regrouper son groupuscule avec d’autres", toujours dans la mouvance ultra-nationaliste et, finalement, il a fait "une incursion dans un parti centre-droit", explique Jacques Baud, parti qui l’a "mis dehors, parce qu’il avait des activités qui étaient jugées comme trop nationalistes, voire racistes."

"On a effectivement un personnage qui, chez nous, il ne serait pas qualifié de démocrate", souligne l’auteur. D’ailleurs, "en Russie, il n’est pas non plus considéré comme démocrate" mais "comme on n’aime pas Poutine, on considère que Navalny est acceptable". "Chez nous, il ne le serait pas du tout", précise Jacques Baud. Toutefois, il est "médiatique, il a un certain charisme", ce qui a attiré l’attention des Américains.

 

"Les Américains ont toujours essayé d’éviter que la Russie ait plus d’influence en Europe"

Les Américains, explique Jacques Baud, ont depuis des années "entrepris d’essayer d’affaiblir leurs adversaires, les grands adversaires, la Chine et la Russie". "Les isoler, en quelque sorte." Si la Chine est un possible compétiteur dans le domaine économique, "la Russie, c’est dans le domaine militaire et au niveau de l’influence en Europe". "Les Américains ont toujours essayé d’éviter que la Russie ait plus d’influence en Europe", souligne l’analyste suisse.

 

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