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Gérard Larcher : "on va peut-être rendre l'article 2 plus concret"

Par Mathilde Régis

Pour la matinale spéciale à l'occasion du 99e congrès des maires de France, Gérard Larcher était l'invité de Territoires d'infos sur Sud Radio et public Sénat avec la presse quotidienne régionale. Parmi les nombreux sujets évoqués, le président du Sénat et sénateur Les Républicains des Yvelines, est revenu sur le texte de la loi travail.

Après avoir été adopté en première lecture à l'assemblée par l'utilisation, c'est désormais au Sénat d'évaluer le texte contesté de la loi travail. Pour son président, l'article 2, celui particulièrement décrié par la CGT, "est un des éléments de ce qu'il reste du texte". Ce dernier décide que les accords d'entreprises soient priorisés par rapport aux accords de branches, l'inverse de l'état actuel. L'entreprise comme lieu de la négociation sociale, c'est bien ce qui inquiète les syndicats qui amplifient les mouvements de grève. Pour le président du Sénat, la fermeté est de rigueur : "moi personnellement, je pense que le président n'a pas d'autres choix, sinon il est entre la démission de sa politique ou la démission de son Premier ministre, peut-être. Nous croyons qu'il faut retrouver un dynamisme et que seul celui des entreprises est susceptible de créer de manière durable des emplois, de permettre à notre pays de retrouver une compétitivité." Le texte de loi, souvent taxé d'être un texte de droite écrit par la gauche sera-t-il largement différent une fois remanié par le Sénat, qui dispose d'une majorité située plutôt à droite de l'échiquier politique ? Ou comme l'avaient notamment promis certains, l'évaluation par le Sénat permettra-t-elle de mieux distinguer les différences entre une politique ultralibérale et une politique de gauche ? "Je le revendique, et je ne passe pas pour un ultra libéral : vous verrez comment on peut tracer les voies de la flexibilité pour les entreprises et de la sécurité pour les salariés. Si vous trouvez que le pays va bien, alors il ne faut rien changer, il faut rester la Nuit debout et manifester avec la CGT. Ce que nous voulons, c'est redonner à ce pays une espérance. Aujourd'hui, on va vers la galère des jeunes pour commencer dans l'emploi."

"On ne tue pas l'accord de branche, on privilégie l'accord d'entreprise"

Revenir au texte initialement présenté ne serait pas exclu, selon Gérard Larcher : "on commence à avoir l'habitude de revenir aux textes initiaux du président de la République. On va peut être touché à l'article 2 pour le rendre plus concret, notamment, à quel niveau on fait l'accord, est-ce qu'il y a un temps de transition, etc. Il faut quand même être clair, on ne tue pas l'accord de branche, mais on privilégie l'accord d'entreprise, on essaye de réfléchir à ce que sont les relations du travail pour ce qui est la majorité des emplois en France : celles des petites et moyennes entreprises. Adapter le Code du travail pour elles, c'est sans doute aujourd'hui l'urgente nécessité. La question du temps de travail fait partie de l'accord d'entreprise. J'avais fait un rapport en 2007 sur la notion de flexisécurité avec la commission européenne, il n'y a rien qui soit attentatoire aux droits des salariés." Des propos à même de faire bondir les représentants de la CGT qui jugent qu'au contraire, privilégier l'accord d'entreprise à l'accord de branche donnerait les pleins pouvoirs au grand patronat. Entre les représentants syndicaux et le président du Sénat, les débats pourraient être relevés : "je reçois toutes les organisations professionnelles, je les verrai toutes. À la CGT, j'ai envie de lui dire : mais où veut-elle aller ? En même temps, Philippe Martinez veut le retrait de l'article 2 et j'entends qu'il est prêt à revenir à une table de négociations. Dans son histoire, la CGT participe aussi à de très nombreux accords d'entreprises, j'ai envie qu'elle retrouve le sens des responsabilités qu'elle a démontré dans son histoire. Le sens des responsabilités, c'est plutôt s'assoir à la table que de brûler des pneus dans le Pas-de-Calais."

"Pas d'autres solutions que l'économie de marché"

Dans une sortie médiatique très commentée, Pierre Gattaz, patron du MEDEF, a comparé les membres de la CGT à des voyous et des terroristes, des qualificatifs que Gérard Larcher lui laisse bien volontiers. Pour lui, "Pierre Gattaz traduit une forme d'exaspération de chefs d'entreprises et pas que des grandes entreprises. Vous savez, il y en a qui vont s'installer ailleurs." Gérard Larcher se revendique du gaullisme social et donne son opinion sur les programmes libéraux, notamment proposés par Alain Juppé ou François Fillon dans le cadre des primaires à droite : "Il n'y a pas d'autres solutions que l'économie de marché, c'est la seule qui fonctionne. En même temps, il faut des stabilisateurs dans les projets qui soient des stabilisateurs sociaux et sociétaux. Il faut se poser la question de savoir si on peut avoir durablement avoir un taux de chômage des jeunes qui est deux fois et demie le taux de chômage moyen national."Regardez l'interview de Gérard Larcher, président du Sénat, invité de la matinale spéciale pour le 99e congrès des Maires de France sur Sud Radio et Public Sénat.

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