Frank Tapiro : "Quel que soit le discours, il fallait critiquer Elisabeth Borne"

Frank Tapiro, publicitaire, co-fondateur et Président du mouvement citoyen acct france, était l'invité du "C'est à la une" sur Sud Radio.

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Frank Tapiro, invité du "C'est à la Une" sur Sud Radio.

"La France Insoumise est encore une fois la France Indécente. L'indécence hier s’est propagée à l’Assemblée", juge Frank Tapiro à propos du tweet d'Alexis Corbière sur le discours d'Elisabeth Borne. "Oublions le fond deux secondes et reprenons par la forme. D'avoir une Première ministre déjà, je pense que ça aurait du faire plaisir à pas mal de gens. Finalement, on a complètement zappé que c’était la deuxième Première ministre de l’histoire. Plus de politesse, plus de courtoisie, on n’écoute pas, on hurle", raconte le publicitaire.

"Je peux vous dire qu’en fait elle était attendue, non pas pour son discours, mais pour sa personne. J’ose le dire. Quel que soit le discours, il fallait la critiquer hier. Elle est quelque part la porte-parole d’Emmanuel Macron. Pour atteindre Emmanuel Macron, il faut taper sur Borne. Voilà exactement ce qu’il se passe et ce qu’il va se passer à l’Assemblée dans les prochains mois, dans les prochaines semaines. En fait, Elisabeth Borne est vraiment l’armoire à fusibles d’Emmanuel Macron", juge-t-il. "Elle aurait pu dire n’importe quoi hier, cela aurait été la même chose".

 

"C'est un discours complet avec des arguments courageux"

"Pourtant, pour parler du fond, elle n’a pas dit n’importe quoi. Quand on analyse son discours, c’est un discours complet, ce sont des arguments courageux. Il fallait envoyer la phrase hier sur les retraites. Quand on a un marqueur politique comme les retraites, on ne peut pas reculer, c’est ce qui a été dit hier. Elle a montré qu’elle avait du courage, de la détermination, qu’elle n’était pas là pour faire autre chose que son boulot, agir et respecter la parole du gouvernement. On n’a pas eu hier un concours de beauté, ce n’était pas The Voice, c'est quelqu’un qui a dit, je vais faire une politique et je vais vous dire laquelle", explique Frank Tapiro.

"Elle n’est pas là pour faire plaisir Elisabeth Borne. Elle a fait plus que faire passer des messages, elle a fait de la politique. Il n’y a pas eu de mots à droite et à gauche pour rassurer les gens, elle a dit dès le début ‘voilà notre politique et j’appelle à plus de consensus et à ce qu’on construise ensemble’. Les mots qu’elle a choisis sont des mots parfaits pour cela", déclare-t-il.

 

"Quelle que soit la forme, voilà aujourd’hui quel est le cadre de la politique"

"Ce n’était pas au niveau de la forme où ça tombe toujours aujourd’hui en politique, c’est pour cela que la France Indigne a réagi comme ça. Mélenchon fait des effets de manche qui dit souvent absolument n’importe quoi, mais ce n’est pas grave. Pour Mélenchon la forme passe avant le fond", explique Frank Tapiro. "Là, on a quelqu’un qui a dit ‘écoutez, quelle que soit sa forme, voilà aujourd’hui quel est le cadre de la politique, voilà aujourd’hui où on veut vous emmener et voilà aujourd’hui le pacte que je demande en étant dans le compromis pour qu’on décide ensemble et qu’on construise ensemble cette nouvelle France".

"Finalement, je peux vous dire qu’elle a montré beaucoup de détermination. Si certaines personnes pensent qu’elle a été déstabilisée très rapidement, cela n’a pas été le cas du tout. Encore une fois, on est dans une certaine forme de misogynie. Par des femmes également qui ont hurlé contre elle, qui ont éructé et ont eu des mots indignes. J’ai parlé de la France Indigne mais le RN aussi, on s’en rend compte. Les deux partis RN et LFI/Nupes ont été indignes vis-à-vis d’elle. On peut être contre, on peut s’opposer en politique, mais ne pas manquer de dignité, de décence et de courtoisie", juge le publicitaire.

 

Retrouvez "C’est à la Une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger et Cécile de Ménibus.

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