Françoise Nyssen fragilisée, le ministère de la Culture dans la tourmente

Alors que le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire concernant l'agrandissement du siège de la maison d'édition Actes Sud, dont Françoise Nyssen était alors la patronne, le ministère de la Culture s'interroge sur son avenir. 

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La ministre de la culture Françoise Nyssen est dans la tourmente depuis les révélations du Canard Enchaîné, qu’elle a d’ailleurs elle-même confirmées. Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire sur les travaux des éditions Actes Sud, dont la ministre était la patronne au moment des faits. Des travaux effectués sans autorisation ni déclaration au fisc. Pour en parler, Sud Radio recevait ce matin Valérie Renault, Secrétaire générale de la CGT Culture.

« Ces révélations interviennent dans un contexte très difficile, où au ministère de la Culture, un certain nombre de postes de grands responsables sont vacants depuis plusieurs mois, notamment au patrimoine, à la création artistique, dans les musées et aux archives. C’est du jamais vu au ministère de la Culture, comme c’est du jamais vu dans la fonction publique », dénonce-t-elle. « Françoise Nyssen est affaiblie, alors qu’elle devrait faire en sorte que ces postes ne soient plus vacants. Ce qui pose de grandes difficultés, puisqu’il y a de grandes réformes engagées, notamment une réforme d’état appelée Action Publique 2022, qui consiste à supprimer des emplois et vider les administrations centrales et le service public. » « On a jamais vu une rentrée comme celle-ci, on ne sait pas ce que l’on va devenir dans quelques mois, souligne Valérie Renault. Nous n’avons aucune information sur ce que Françoise Nyssen porte pour défendre le ministère de la Culture. »

Matignon, qui a déjà repris la main sur la régulation du marché de l’édition suite à des premiers soupçons de conflit d’intérêt avec Françoise Nyssen, va-t-il le faire également avec les dossiers de la culture ? En d’autres termes, la ministre de la Culture est-elle toujours légitime à son poste ? « Il y a un travail de sape, ça c’est certain, beaucoup de missions temporaires se développent », estime la Secrétaire générale de la CGT Culture. « Ceux qui l’ont nommée à la tête du gouvernement sont ceux-là même qui développent toutes sortes de missions temporaires, comme le président de la République et le Premier ministre. » À l’instar de Stéphane Bern au Patrimoine, « nommé directement par le président et dont on a toujours pas de lettre de missions », dénonce Valérie Renault. « Il y a monsieur Tuot, nommé par le président de la République pour les résidences d’artistes, madame Slimani pour la Francophonie, et puis vous avez aussi des missions qui ont été nommées par le Premier ministre. Il n’y a pas de transparence, la ministre développe également un certain nombre de missions temporaires avec des gens qui ne sont pas de l’administration. » Des nominations de personnes extérieures, qui seraient très compliquées à comprendre pour les personnels du ministère de la Culture.

« On a pas besoin de cette histoire, la rentrée va être compliquée. Il y a aussi Bercy qui veut toujours plus de suppression d’emplois. On a besoin d’un ministère au plus près des citoyens. Françoise Nyssen, de par son comportement, ne les aide pas », conclut Valérie Renault.