Dussopt : "La dette de la SNCF n'est due ni au statut de cheminot, ni à l'implication des agents"

Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics

Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt était l’invité politique du Grand Matin Sud Radio ce jeudi. L’occasion pour lui de parler notamment réforme de la SNCF, révision constitutionnelle et statut des fonctionnaires.

Alors que le trafic ferroviaire revient à la normale dans les gares ce jeudi après deux jours de grève, les tractations se poursuivent sur la réforme de la SNCF et du statut de cheminot, véritable pomme de la discorde entre le gouvernement et les syndicats. Invité du Grand Matin Sud Radio ce jeudi, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt, a rappelé le principal enjeu de cette réforme selon lui : "sauver le modèle ferroviaire français".

"Nous avons une entreprise qui a 50 milliards d’euros de dettes et qui fonctionne en s’appuyant sur un réseau mal entretenu pendant des décennies. Le gouvernement propose différentes pistes de travail : réorganiser la société pour qu’elle soit plus solide et que la question de la dette puisse être traitée, faire en sorte que le réseau soit mieux entretenu (augmentation de 50% de l’investissement dans les 10 ans qui viennent), et avoir un nouveau contrat social avec les cheminots pour accompagner l’ouverture à la concurrence", déclare-t-il avant de s’attarder plus précisément sur le statut des cheminots.

"L’intégralité des cheminots qui ont ce statut le garderont"

"La position du gouvernement est très claire : l’intégralité des cheminots qui ont ce statut le garderont. Élisabeth Borne travaille aussi avec les syndicats pour faire en sorte qu’en cas de reprise des employés de la SNCF par telle ou telle société dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, les avantages puissent être conservés. C’est ce qu’on appelle le sac-à-dos social", rappelle-t-il tout en concédant que "le gouvernement, le Premier ministre lui-même, tout le monde s’accorde à dire que la dette de la SNCF n’est due ni au statut de cheminot, ni à l’implication des agents. C’est le résultat de choix faits pendant 20 ou 30 ans".

Olivier Dussopt a également été interrogé sur la réforme institutionnelle en cours, à l’heure où l’exécutif proposerait de réduire de 30% le nombre de parlementaires. "Le président de la République a dit pendant la campagne présidentielle qu’il réformerait la Constitution et qu’il rénoverait le fonctionnement du Parlement. Il considère qu’on peut être moins nombreux mais avec plus de moyens, pour être plus efficace. (…) Aujourd’hui, un député en France a en moyenne trois collaborateurs pour l’accompagner au quotidien. Dans la plupart des démocraties occidentales, les moyens humains sont plus importants, justement pour les rendre plus efficaces et leur faire jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir", souligne-t-il. Quant à l’introduction d’une dose de proportionnelle (15% des élus), Olivier Dussopt estime que cela "permettra à tous les courants de pensée politique d’être représentés, tout en garantissant à l’exécutif de pouvoir s’appuyer sur une majorité, ce qui est important pour la stabilité du pays".

"Proposer le même service aux Français avec 120 000 postes en moins"

Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics a par ailleurs martelé que le gouvernement était "attaché" au statut de fonctionnaire. "Nous voulons le moderniser et adopter des ajustements, notamment pour ce qui est du recours aux contrats et de l’individualisation de la rémunération. Nous considérons que certains métiers de la fonction publique doivent être sous statut parce qu’ils sont sur des postes régaliens. Il y en a d’autres sur lesquels nous pouvons aussi recruter sous contrat parce qu’il faut donner de la souplesse. Il n’y aura pas de religion en la matière. Il y a déjà presque 20% des agents publics qui sont contractuels", indique-t-il.

L’ancien député de l’Ardèche affirme enfin que "la suppression de postes est toujours un objectif, mais ce n’est pas l’alpha et l’oméga de la politique du gouvernement en matière de fonction publique. (…) Il y a la question du dialogue social, des contrats, de l’individualisation de la rémunération et d’un meilleur accompagnement des agents. Nous considérons que d’ici cinq ans, avec les réorganisations et les évolutions technologiques, nous pourrons rendre le même service aux Français, voire meilleur, avec 120 000 équivalents temps-plein en moins".

Réécoutez en podcast l’interview d’Olivier Dussopt dans le Grand Matin Sud Radio

 

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