Disparition de Valéry Giscard d'Estaing : "Il a eu une énorme déveine conjoncturelle"

Jean-Louis Bourlanges, député Modem des Hauts-de-Seine et membre de l’UDF, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 3 décembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Valery Giscard d'Estaing en juin 1982, lors d'une réunion du Parti républicain. (Wojazer / AFP)

L'ancien président de la République est décédé à l'âge de 94 ans. Quelles traces essentielles Valéry Giscard d’Estaing laissera t-il dans la société française ?

 

"Dans le droit fil de mai 68"

"Elles sont considérables, estime Jean-Louis Bourlanges, député Modem des Hauts-de-Seine et membre de l’UDF. J’en retiendrai trois. C’est d’abord la grande émancipation, la modernisation de la société, dans le droit fil de mai 68. Ce sont les réformes dont on parle le plus : l’IVG, le divorce par consentement mutuel, l’abaissement de l’âge électoral à 18 ans. C’est aussi une grande contribution à la rénovation à la vie politique. Par exemple, les Parisiens n’avaient pas de maire, mais un préfet."

"C’est aussi lui qui a permis à l’opposition de saisir le Conseil constitutionnel d’un texte de loi, un puissant rééquilibrage au profit du Parlement. Sur l’Europe, il a créé le Conseil européen, le principal organe de décision, qui a fait que notre Parlement européen soit élu au suffrage universel, il a créé le système monétaire européen qui a permis de créer l’euro. Tout cela est considérable !"

 

"On était capable de déplacer des montagnes"

"Sur le plan social, rappelle Jean-Louis Bourlanges, n’oublions pas une extension profonde de la Sécurité sociale, aux agriculteurs, aux commerçants, aux artisans, et surtout aux personnes âgées. Quand Giscard arrive aux affaires, un grand nombre vit dans une quasi indigence. Et puis il y a la grande modernisation industrielle. Comme il l’a dit, "la moitié de la France attendait le téléphone, et l’autre moitié la tonalité". Arianespace, Airbus, l’équipement électro nucléaire de la France, tout cela est énorme. On était capable de déplacer des montagnes !"

Mais "son grand problème aura été que la fin des 30 glorieuses a coïncidé avec son mandat. Il a eu, et c’est un point commun avec Macron, une énorme déveine conjoncturelle. Il arrive au pouvoir après le premier choc pétrolier et mène une politique de redressement très douloureuse. Il remporte les élections législatives et, en 1979, le second choc pétrolier lui fait aborder l’élection de 1981 dans une situation très difficile, avec une montée énorme du chômage. Il a vraiment été très desservi par la conjoncture économique."

 

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