David Cormand : "Un état d'urgence pérenne met en danger nos libertés"

Au lendemain de l'attaque terroriste sur la promenade des Anglais, à Nice, David Cormand a répété son opposition à une nouvelle prolongation de l'état d'urgence, annoncée dans la nuit par François Hollande. Le secrétaire national d'EELV, ce ne sont "pas des mesures d'exception" qui doivent être prises pour lutter contre le terrorisme.
Quelques heures après l'attentat de Nice, sur la promenade des Anglais, à l'occasion du feu d'artifice du 14 juillet, David Cormand, invité de Territoires d'Infos, sur Sud Radio et Public Sénat, a exprimé son "sentiment de sidération, de terreur, de colère et de pensées pour les Niçoises et les Niçois, toutes les personnes qui sont encore en attente de nouvelles de leurs proches".Malgré ce nouveau drame, le secrétaire national d'EELV a répété son opposition à la prolongation de l'état d'urgence, pourtant annoncée dans la nuit par François Hollande : "Nous avions été très majoritairement favorables au premier état d'urgence, puisqu'il y avait nécessité de trouver très vite les auteurs des attentats. Après, on voit bien que repousser de 3 mois, ça voudra dire qu'on aura eu un an d'état d'urgence et, hélas, on constate que l'état d'urgence ne permet pas d'empêcher le drame qu'on a vécu hier. Un état d'urgence pérenne met en danger ce qui est extrêmement précieux, nos libertés"Plus que des mesures d'exception, David Cormand prône des "mesures structurantes d'analyse", pour "comprendre pourquoi des jeunes gens qui habitent et qui ont grandi dans notre pays peuvent avoir ce type d'attitude"."On parlait à Nice de la multiplication des caméras de vidéosurveillance, on a parlé de la multiplication des surveillances de masse. Ma conviction, a poursuivi le secrétaire national d'EELV, c'est qu'on a besoin de davantage de moyens humains, d'infiltration, pour essayer d'avoir connaissance de ces actes, d'avoir une meilleure infiltration dans les milieux où il peut y avoir ce type de radicalisation."Pour lui, ce nouvel attentat démontre une nouvelle fois "la stratégie politique qui est mise en œuvre", avec "un objectif très clair, que nos pays sur-réagissent, notamment contre la communauté musulmane, et que cela crée une tension". "Les militants d'extrême-droite ou le militants de Daesh ont le même imaginaire de société, c'est-à-dire que la société cosmopolite ne peut pas exister et qu'il faut couper les choses", a-t-il ajouté.Selon David Cormand, "la meilleure réaction qu'il faut avoir par rapport à ce que nous venons de vivre hier soir, c'est de résister à cette tentation de la société irréconciliable. Face à cette stratégie de la haine, il faut répondre par plus d'amour, plus d'empathie et plus de dialogue."Regardez l'interview de David Cormand, secrétaire national d'EELV, invité de l'émission Territoires d'Infos sur Sud Radio et Public Sénat
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