David Belliard : "Élargissons la primaire du pôle écolo" pour 2022

David Belliard, adjoint EELV à la Mairie de Paris, en charge de la transformation de l’espace public, des transports et des mobilités, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 5 février 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

David Belliard interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 5 février 2021 à 7h40.

David Belliard - Retard de vaccins : "chaque jour que nous perdons, ce sont des morts en plus !"

Jean Castex a confirmé jeudi 4 février 2021 que la France ne se reconfinera pas. Une décision critiquée par les médecins, mais saluée d’un point de vue économique. "Je fais confiance aux scientifiques", explique David Belliard, adjoint EELV à la Mairie de Paris, en charge de la transformation de l’espace public, des transports et des mobilités, qui ne se prononce pas sur la question. "Je n’ai pas toutes les informations du gouvernement."

"Moi, ce qui m’inquiète, d’abord, c’est la campagne de vaccination, on a un vrai problème." Il explique que Paris serait en mesure de "vacciner 25.000 personnes par semaine" et que "cette semaine on sera tout juste à 10.000. Pourquoi ? Parce qu’il nous manque des doses. Aujourd’hui, chaque jour que nous perdons, c’est des morts en plus, et c’est de la souffrance ; de la souffrance sociale", notamment chez les jeunes. Sur les réseaux sociaux, des vidéos de jeunes faisant la file pour des paniers repas ont fait le buzz : "on est la sixième puissance économique mondiale et nous attendons toujours d’avoir des mesures" pour les jeunes, déplore l’élu. "Et, notamment, parce que c’est le moment, de proposer un vrai revenu citoyen comme l’a proposé Yannick Jadot. On est aujourd'hui dans une situation d'inquiétude très forte, d'absence de visibilité, d'absence d'horizon".

Pour accélérer la vaccination, il rappelle qu’il existe des textes de loi qui permettent "d’activer la licence obligatoire". "Quand il y a un médicament qui touche une pathologie qui met en danger l’humanité, par exemple le Sida, on peut d’une certaine manière outrepasser les brevets des laboratoires pharmaceutiques et dire ‘on va faire des génériques’". "Et c’est parfaitement légal", souligne David Belliard.

 

Jeunes : "Cette génération est une génération sacrifiée, il faut agir"

La Mairie de Paris organise elle-même de la "distribution alimentaire" pour les étudiants, rappelle David Belliard, mais elle a également mis en place "un certain nombre de dispositifs de soutien, notamment financiers, le logement étudiant... Il y a un certain nombre d’actions qui sont mises en place", souligne l’adjoint de la mairie de Paris. Il aimerait aller plus loin mais, "pour ça, il faut qu’on ait un front commun de solidarité". "Nous avons besoin que le gouvernement, et au niveau national, ils prennent leurs responsabilités."

Pour David Belliard, si les étudiants veulent, certes, "travailler", comme l’a sous-entendu le gouvernement, "ils veulent aussi étudier". "C’est pour ça que je me bats, pour un RSA pour les moins de 25 ans, pour un revenu citoyen pour les plus jeunes. Et ça, c’est au gouvernement de le faire", explique-t-il. "Je suis en colère à chaque fois que je vois des images avec des étudiants qui attendent des distributions alimentaires. Il y a une précarité, il y a une pauvreté très forte dans cette génération qui est une génération sacrifiée, il faut agir."

Le couvre-feu est maintenu à 18 heures dans toute la France, mais ça ne semble pas poser de problèmes majeurs à Paris, précise l’adjoint aux Transports : "ça se passe plutôt bien". "Oui, on a des pics d’embouteillages", concède David Belliard. Néanmoins, "il y a une baisse de la circulation automobile" et "les gens sont plutôt disciplinés". "On continue de faire beaucoup de vélo", même si avec le mauvais temps, "il y a moins de gens".

 

"Alstom prend en otage des dizaines de milliers d’usagers qui attendent de nouvelles rames"

Alstom a annoncé vouloir renégocier le contrat pour les nouvelles rames du RER B, contrat négocié par Bombardier avec la RATP et la SNCF. Mais Alstom ayant racheté Bombardier, l’entreprise juge désormais que le contrat ne lui convient plus. "Hier, il y a encore eu des problèmes sur la ligne de RER, et notamment sur la ligne de RER B", précise David Belliard, et ce à cause de la "vétusté des transports".

Le contrat de 146 nouveaux trains devrait permettre de renouveler le parc du Transilien. "Et aujourd’hui, que nous dit Alstom-Bombardier ? Eh bien, on ne va pas vous les livrer, parce que finalement ce n’est pas assez cher."
Ce groupe, "qui fait 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires", rappelle l’adjoint, "prend en otage des dizaines de milliers d’usagers qui, aujourd’hui, attendent de nouvelles rames".

David Belliard, explique qu' "on ne les a pas forcés à faire cette offre, on ne leur a pas mis le couteau sous la gorge". Il demande donc que les dirigeants d’Alstom viennent s’expliquer "devant le Conseil d’administration d’IdF Mobilités". "Ma position, c’est qu’il faut aller jusqu’au bout : d’abord, rediscuter, parce que notre objectif, c’est que ces nouvelles rames soient livrées" ; mais si ça n’aboutit pas, "il faudra aller en justice, parce que ces gens ont une obligation contractuelle".

Certaines villes en France sont en train d’interdire certaines livraisons, notamment en scooters. "Nous allons faire des propositions qui vont aller dans le sens de la réduction de la place de l’automobile", explique David Belliard. Notamment, le développement de la livraison "avec des vélos à assistance électrique" qui sont "propres" et "sans bruit". Quant à l’interdiction des scooters au centre de la capital, il souligne que "2024, on sort du Diesel, 2030 on sort du thermique. Donc on y va. Sur la question du transport à vélo, c'est pourvoyeur d'emplois, notamment des jeunes !" assure-t-il.

 

Présidentielles : "Ce que je souhaite, c’est que nous ayons un ou une candidate qui représente le camps des écologistes"

La prochaine présidentielle se tiendra en 2022, et les principaux partis politiques commencent à choisir leurs candidats, ou tout du moins à réfléchir à la manière d’en proposer un, soit par défaut soit par le biais de primaires. Pour David Belliard, "on le voit dans les sondages, là on a un chemin d’espoir", pour que les écologistes puissent faire un bon résultat à la prochaine élection présidentielle. "Moi je ne me satisfais pas du tout d’avoir, au deuxième tour de 2022, un choix, ou plutôt un non-choix, entre Marine Le Pen d’un côté et Emmanuel Macron de l’autre, avec un risque, d’ailleurs, cette fois, de voir Marine Le Pen accéder au pouvoir."

"Ce que je souhaite c’est que nous ayons un ou une candidate qui représente le camps des écologistes", explique l’adjoint à la Mairie de Paris. "Pour ça, il faut choisir." Il aimerait donc que soit réfléchie la possibilité d’élargir la primaire : "élargissons la primaire du pôle écolo où une candidature comme Anne Hidalgo, puisse concourir de façon à ce que nous, qui nous retrouvons dans ces valeurs, puissions choisir celui ou celle qui va nous représenter". "Je suis pour une primaire ouverte. Je crois que ce sera Yannick Jadot pour tout vous dire", confie-t-il.

 

 

 

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