Annonces de Macron à Chamonix - Entre "réchauffé" et effets d'annonces

Habitations menacées par l’érosion, fonte des glaces et protection du Mont Blanc, autant de bons prétextes pour le président de la République de se rendre à Chamonix. Accompagné d'Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire et de sa Secrétaire d'État, Emmanuelle Wargon, il a multiplié les annonces. Dont certaines avaient déjà été faites, à l'image de ce forfait orientation mobilité. Sur la table également, la question des 30 % d'aires protégées qui occulte un chiffre plus inquiétant selon des spécialistes : seulement 1,7% du territoire est en "aire hyperprotégée".

Le maire de Chamonix, Eric Fournier, montre la fonte des glaces au président de la République, suivi de près par la ministre des Transports, Élisabeth Borne et sa secrétaire d'État, Emmanuelle Wargon (Photo DENIS BALIBOUSE / POOL / AFP)

Des propos recueillis par Grâce Leplat pour Sud Radio, mis en forme par Augustin Moriaux.

Venu constater les conséquences du réchauffement climatique sur les glaciers du Mont Blanc, le président de la République a profité de la médiatisation de l'événement pour lancer de grandes annonces.  Seulement, la plupart de ces mesures exprimées sont soit déjà votées, soit déjà mises en place. Notamment en ce qui concerne les zones dites "aires protégées" qui couvrent 26% du territoire français. Pour être précis, 21 % de ces zones le sont en mer, 28% le sont en terres, d'où cette moyenne équivalant à un quart du territoire. Et Emmanuel Macron a déclaré viser les 30% d'aires protégées lors d'une interview donnée au Dauphiné Libéré. Une annonce loin de convaincre Jean-David Abel, vice-président de l’association France Nature Environnement.

Pour Jean-David Abel, "les annonces à propos de l'objectif des 30% (d'aires protégées, ndlr) ont déjà été faites par le Président en mai 2019 et par le gouvernement lors des précédents Conseils de défense écologique. Ils communiquent sur ces 30% sans préciser qu'une bonne partie du territoire est déjà couverte par ce type d'outils. En revanche, l'exécutif ne nous dit pas non plus que sur les protections les plus efficaces, nous sommes très en retard."

 

Ces "protections les plus efficaces" citées ci-dessus ne sont autres que celles de la classification des aires dites "hyperprotégées" qui représentent seulement 1,7 % du territoire et donc, en proportion, 6,5 % de ces aires protégées.

 

Le "forfait mobilité durable" était déjà dans la Loi Orientation Mobilité de 2019

Dans le lot des 20 mesures annoncées pour que les 2,4 millions de fonctionnaires soient des acteurs de la transition écologique, Elisabeth Borne a cité ce fameux « forfait mobilité durable » qui serait mis en place dès juillet prochain "à hauteur de 200 euros par an". L'État annonce ainsi vouloir faire preuve d’exemplarité. Une annonce qui n'est pas sans indigner Clément Sénéchal, chargé des campagnes politiques climatiques pour GreenPeace France, qui ne voit dans ces allocutions que des coups de communication.

Clément Sénéchal peste contre ce qu'il considère être des effets d'annonce : "Emmanuel Macron annonce un tournant vert, mais on commence juste à avoir le tournis. C'est une énième opération de communication à des fins électorales avant les municipales. On nous annonce des mesures qui sont du réchauffé. Par exemple, cette prime pour les agents d'État de 200 euros pour la mobilité a déjà été votée dans le cadre de la Loi Orientations Mobilités (LOM, 2018). On est ravis d'apprendre qu'elle n'a toujours pas été mise en place. Aujourd'hui la France ne respecte pas ses budgets carbone donc l'exemplarité de l'État commence par respecter les accords de Paris et les engagement que la France s'est donnée."

 

Pour rappel, le forfait mobilité durable faisait partie du projet de Loi Orientation mobilité (LOM) voté et adopté à l'Assemblée Nationale le 17 septembre 2018 et devait entrer en vigueur le 1er janvier de cette année 2020.