Après le Mercosur, place à l'Inde. C’est l’aboutissement d’un marathon diplomatique entamé au début des années 2000. Aujourd’hui, à New Delhi, l’Union européenne et l’Inde ont officiellement annoncé la conclusion d’un accord commercial de libre-échange. Un texte qualifié d’historique par les deux parties qui viennent de créer « une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes ».
« L’accord de tous les accords »
Devant la presse, le Premier ministre indien Narendra Modi, entouré de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du président du Conseil européen Antonio Costa, n’a pas caché sa joie déclarant qu’il s’agissait de « l’accord de tous les accords ». Selon lui, il devrait même concerner « environ un quart du produit intérieur brut mondial ».
Des droits de douane abaissés voire supprimés
Au cœur de l’accord a été conclu une réduction massive des barrières tarifaires. Selon la Commission européenne, les droits de douane indiens sur les véhicules « made in Europe » passeront de 110 % à 10 %. Ceux appliqués aux vins chuteront de 150 % à 20 %, tandis que les taxes sur des produits comme les pâtes ou le chocolat, actuellement à 50 %, seront totalement supprimées.
Ces allègements permettront aux entreprises européennes d’économiser jusqu’à 4 milliards d’euros par an estime Bruxelles. « L’UE compte bénéficier du niveau d’accès le plus élevé jamais accordé à un partenaire commercial sur le marché indien traditionnellement protégé », a affirmé Ursula von der Leyen dès son arrivée en Inde, qui pari sur des exportations européennes multipliées par deux.
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— Sud Radio (@SudRadio) January 21, 2026
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Une opportunité en or pour l’Europe ?
Avec 1,5 milliard d’habitants et une croissance de 8,2 % en glissement annuel au dernier trimestre, l’Inde représente un partenaire de premier choix pour les entreprises européennes. En 2024, les échanges de marchandises entre l’UE et l’Inde ont atteint 120 milliards d’euros, en hausse de près de 90 % en dix ans, auxquels s’ajoutent 60 milliards d’euros d’échanges de services. De plus, selon les projections du Fonds monétaire international, l’Inde pourrait devenir dès cette année la quatrième économie mondiale, devant le Japon, avant de viser le podium d’ici 2030.
La part belle aus textile, cuir, services et à la joaillerie
Côté indien, l’accord est perçu comme un accélérateur de modernisation économique. New Delhi voit dans l’Europe une source essentielle de technologies, de capitaux et de savoir-faire pour soutenir son développement industriel et créer des millions d’emplois. L’Inde compte également une augmenter ses exportations dans des secteurs comme le textile, la joaillerie, les pierres précieuses, le cuir ou les services.
Un accord commercial, mais aussi stratégique
Mais le partenariat a également été élargi aux domaines de la défense et de la sécurité, avec l’objectif affiché de réduire les dépendances stratégiques. « Nous ne renforçons pas seulement nos économies, mais aussi la sécurité de nos concitoyens dans un monde de moins en moins sûr », a souligné Ursula von der Leyen.
Enfin, Bruxelles et New Delhi ont paraphé un accord complémentaire sur la mobilité. Celui-ci concerne notamment les travailleurs saisonniers, les échanges d’étudiants, de chercheurs et de professionnels hautement qualifiés, illustrant la volonté des deux partenaires d’approfondir leur coopération bien au-delà du seul champ commercial.