Parlons Vrai chez Bourdin - Pornographie : "Un énorme système de proxénétisme est organisé"

Un rapport du Sénat dénonce des violences systémiques de l'industrie pornographique. Céline Piques, porte-parole d’Osez le féminisme !, était l’invitée de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio le 28 septembre dans "Parlons Vrai chez Bourdin".

Pornographie Céline Piques
"Parlons Vrai chez Bourdin" du lundi au vendredi de 10h30 à 12h30 sur Sud Radio et en podcast.

Pornographie : la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes du Sénat publie le premier rapport parlementaire français. Intitulé "Porno, l’enfer du décor", il est consacré aux dérives de l'industrie pornographique, décrite comme "une machine à broyer les femmes". Les sénatrices s'inquiètent particulièrement de la facilité de l'accès aux contenus pornographiques pour les mineurs et les jeunes adultes et des ravages que cette exposition peut provoquer chez eux. 20 recommandations accompagnent ce rapport.

Pornographie : "Derrière ces tournages, un énorme système de proxénétisme est organisé"

Céline Piques salue ce rapport "de très grande qualité, qui a demandé 6 mois de travaux pour dire la réalité de l'industrie pornographique. Les sénatrices cadrent le rapport sur la question des vidéos. On ne parle pas de fiction mais de vrais rapports sexuels, elles actent le fait que ce n'est pas du cinéma. Les violences : étranglements, étouffement, gifles, coups sont réels. Tout comme les femmes et les pénétrations sexuelles. Derrière ces tournages, un énorme système de proxénétisme est organisé. Les 2 affaires "French Bukkake" et "Jacquie et Michel" ont été le déclencheur de l'écriture de ce rapport. Les producteurs ont été mis en détention provisoire pour proxénétisme aggravé, viol aggravé, traite des êtres humaines, actes de torture et de barbarie. Des actes gravissimes".

"Pour trouver des femmes, des rabatteurs, avec de faux profils de femmes, piégeaient sur les réseaux des femmes, souvent en détresse économique dénonce Céline Piques. Il n'y a pas de contrat de travail, juste des femmes piégées et ramenées sur un tournage. Ce ne sont que des femmes piégées. C'est pour ça que le terme de proxénétisme a été retenu, avec des tournages d'une violence inouïe. Il faut dire les choses : dans ces vidéos, le producteur faisait venir jusqu'à 80 hommes cagoulés et tous les hommes passaient sur une seule femme raconte-t-elle. Ces femmes ont été détruites par l'industrie pornographique. Elles sont aujourd'hui plusieurs dizaines de plaignantes pour témoigner de la réalité de la violence des tournages".

 

"Il y a 90% de scènes de violence sexuelle dans les vidéos pornographiques"

"Les vidéos pornographiques sur Internet contiennent 90% de scènes de violence sexuelle" déplore Céline Piques. "Il n'y a pas de cinéma pornographique, les actes ne sont pas simulés ajoute-t-elle. Une stratégie de communication de l'industrie met en avant des femmes pour raconter une histoire, mais c'est une histoire faite que de mensonges. Il n'y a pas aujourd'hui une seule production qui n'est pas impliquée dans une affaire de violence sexuelle. La 'pornographie éthique' peut peser 0,0001%... L'extrême majorité des femmes ont été piégées par des proxénètes. Mais peut-on consentir à être torturée moyennant rémunération ? Non, on ne peut pas acheter une corps humain pour accomplir des actes de torture".

Jacques souligne que s'il y a des vendeurs, c'est qu'il y a des acheteurs. L'auditeur soulève ainsi le problème de l'addiction, que confirme Céline Piques. "Une exposition précoce, en particulier auprès des adolescents entraîne l'explosion d'une addiction à la pornographie et une incapacité ensuite à nouer des relations sexuelles saines". Céline Piques demande que l'industrie pornographique "cesse d'être dans une zone de non droit" et respecte les lois. "Une loi de 1994 interdit l'exposition aux mineurs mais ça n'est pas respecté. Et une loi de 2020 oblige les sites à vérifier l'âge. Ils refusent de l'appliquer et ont multiplié les recours pour ne pas respecter la loi".

 

 

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