Tchernobyl au cœur de la guerre : vers une catastrophe écologique ?

Avec la prise de la centrale nucléaire de Tchernobyl par les troupes russes ayant envahi l’Ukraine, allons-nous vers une catastrophe écologique ? Tchernobyl : des déchets entreposés à côté du réacteur "Il y a une forte radioactivité, d’abord du réacteur lui-même. Le réacteur n°4, celui qui a explosé en 1986, explique Jacques Percebois, directeur du […]

Krementchouk
Les forces russes auraient procédé à des frappes sur un centre commercial de la ville de Krementchouk. (ODD Andersen - AFP))

Avec la prise de la centrale nucléaire de Tchernobyl par les troupes russes ayant envahi l’Ukraine, allons-nous vers une catastrophe écologique ?

Tchernobyl : des déchets entreposés à côté du réacteur

"Il y a une forte radioactivité, d’abord du réacteur lui-même. Le réacteur n°4, celui qui a explosé en 1986, explique Jacques Percebois, directeur du Centre de Recherche en Économie et Droit de l'Énergie. À l’intérieur se trouvent de nombreux déchets radioactifs, notamment de l’uranium irradié. On avait construit un premier sarcophage autour, qui a donné des signes de faiblesse au bout de trente ans. C’est la raison pour laquelle on a construit un deuxième sarcophage métallique très impressionnant, de 100 mètres de haut, 250 mètres de long et 150 m de large. Opérationnel depuis 2019, il doit durer cent ans. Il a été construit grâce à l’aide européenne, par des entreprises françaises, pour confiner les matériaux radioactifs."

"Démanteler le réacteur lui-même prendra du temps. Mais il y a aussi des déchets entreposés à côté du réacteur, rappelle Jacques Percebois. Ce que l’on craint, c’est notamment un bombardement sur le sarcophage. Certes, il est résistant, mais il est fait pour résister aux intempéries, aux vents violents, à des températures extrêmes. Pas à des bombardements. Mais personne n’a intérêt à bombarder le site. L’aviation ukrainienne n’en a pas les moyens, et les Russes n’y ont pas intérêt. Ils seraient les premiers à en subir les conséquences. En 1986, c’est en Biélorussie qu’il y a eu le plus de radioactivité."

 

Et si Poutine coupait le gaz à l'Europe ?

Suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Jean-Yves Le Drian a évoqué à demi mots la puissance nucléaire occidentale. "Le principe de l’arme nucléaire est la dissuasion. Elle est faite pour que l’on ne s’en serve pas, rappelle toutefois le directeur du CREDE. Personne n’a intérêt à l’utiliser. Les conséquences en seraient dramatiques pour tout le monde, y compris pour l’agresseur."

Et si Vladimir Poutine coupait le gaz à l’Europe ? "Ce n’est pas son intérêt à long terme, car il a besoin d’exporter du gaz, estime ce spécialiste en économie du gaz naturel et de l'énergie nucléaire. Il dispose quand même d’alternatives. Il sait que la Chine a de forts besoins en gaz. Il peut aussi en exporter sous forme de gaz naturel liquéfié. Mais l’intérêt de Poutine est de continuer à exporter du gaz vers l’Occident. Couper le gaz serait à court terme un manque de recettes pour lui. Cela poserait aussi beaucoup de problèmes aux Européens. Le gaz russe représente en moyenne environ 40% de l’approvisionnement européen."

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