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Syrie : des anciens terroristes de Daech "envolés" dans la nature

Par Emmanuel Mottet

Sous la pression militaire du régime syrien, les forces kurdes, perdent du terrain dans le nord de la Syrie et le contrôle des prisons jihadistes.

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C'est un coup dur porté à la résistance contre Daech et les fanatiques islamistes. Des centaines de djihadistes ainsi que des mineurs ont été relâchés ou se sont évadés des prisons kurdes où ils étaient incarcérés depuis plusieurs années, la semaine passée, suite des attaques de l'armée syrienne contre les forces kurdes, en charge du contrôle de ces prisons "infestées" d'anciens terroristes de Daech et de leurs familles.

En première ligne du combat contre le terrorisme, les forces kurdes ont en effet subi les assauts de l'armée syrienne. Après avoir été délogés d’Alep, puis des provinces de Raqqa et de Deir Ezzor, dans le nord de la Syrie, les combattants kurdes (qui représentent les Forces démocratiques syriennes, autrement dit l'administration autonome kurde) ont perdu le contrôle des prisons qu'ils gardaient jusqu'alors.

Une offensive en deux temps

Dans un premier temps, ceux qui furent le fer de lance face aux armées de Daech ont été contraints, mardi dernier, de se retirer du plus grand camp de prisonniers situé à Al-Hol, dans le nord de la Syrie. Entre 80 et 120 prisonniers de l’État islamique ont été remis en liberté suite aux offensives des autorités de Damas. D'autres terroristes se sont purement et simplement évadés, les forces kurdes ayant été contraintes de quitter leurs positions pour sauver leur vie, sous la pression de l'armée syrienne.

Trois jours plus tard, nouvelle offensive militaire exercée par le gouvernement syrien. cette fois-ci, les autorités du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) ont dû relâcher 126 mineurs détenus dans la prison d’Al-Aqtan à Raqqa.

Des milliers de prisonniers dans les prisons Kurdes

Depuis 2011, c'est grâce à la mobilisation héroïque des Kurdes face à l’État islamique et avec l’aide des États-Unis et des Européens, que les FDS sont parvenues à défaire les armées de Daech en Syrie, prenant ainsi le contrôle de près de 30 % du pays. Évidemment, des milliers de prisonniers djihadistes ont été incarcérés dans les geôles kurdes, et c’est aujourd’hui l’un des enjeux majeurs de ces affrontements entre le pouvoir syrien et les FDS.

Un nouveau président Syrien proche des terroristes ?

Depuis la chute de Bachar el-Assad et la prise de pouvoir d’Ahmed al-Charaa en décembre 2024, la donne a changé pour les Kurdes. En effet, le nouveau président de la Syrie, ancien membre du groupe terroriste Al-Qaïda, ne voit pas la forte présence kurde sur son territoire d’un bon œil, prônant l’unification du pays. Cela explique également les offensives des soldats de Damas la semaine dernière, qui se prolongent encore aujourd’hui sur les territoires anciennement contrôlés par les Kurdes.

Mais que vont devenir ces anciens prisonniers ? Cette reprise en main des détenus du groupe terroriste Daech par la Syrie pose la question de l’avenir de ces hommes. En effet, compte tenue de la proximité idéologique qui existe avec l’actuel dirigeant Ahmed al-Charaa et du passif de ce dernier, on peut douter de l’autorité qui s’exercera sur les anciens soldats de l’État islamique. Pour autant, ces initiatives syriennes sont encouragées par les États-Unis, qui estiment, selon les mots de l’émissaire américain en Syrie, que « la mission des combattants kurdes est terminée », ajoutant que le pouvoir actuel est capable de contrôler les prisons dans lesquelles sont incarcérés des membres de l’organisation État islamique.

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