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« Si la situation s'enlise au Moyen-Orient, la France deviendrait une cible directe »

GROS PLAN SUD RADIO - Déjoué fin de semaine passée, le projet d’attentat visant le siège parisien de Bank of America est le premier passage à l'acte concret observé en France depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Une menace venue de réseaux pro-iraniens qui pourrait s'intensifier si la guerre s'enlise au Moyen-Orient.

« Si la situation s'envise au Moyen-Orient, la France deviendrait une cible directe »

Les représailles iraniennes ont-elles débutées sur le territoire français ? Il est environ 3h30, rue La Boétie, dans le 8e arrondissement de Paris, lorsque des policiers surprennent un individu dans la nuit de vendredi à samedi en train de déposer un engin explosif artisanal devant les locaux de Bank of America. L’homme s’apprête à allumer le dispositif, contenant 650 grammes de poudre explosive, lorsqu’il est interpellé. À ses côtés, un complice prend la fuite. Selon les premiers éléments, ce dernier filmait la scène. 

Trois suspects mineurs et un recrutement inquiétant

L’engin, composé d’un bidon de cinq litres rempli d’un liquide inflammable et d’un système de mise à feu, aurait pu provoquer un incendie violent. Ainsi, très rapidement, le Parquet national antiterroriste se saisit de l’affaire, ouvrant une enquête pour « tentative de dégradation par incendie en relation avec une entreprise terroriste ».

Le principal suspect, âgé de 17 ans et connu des services de police, a reconnu avoir été recruté via Snapchat pour commettre l’attaque en échange de 600 euros. Dans les heures qui suivent son arrestation, deux autres mineurs sont interpellés, dont celui soupçonné d’avoir filmé la scène. Tous trois sont donc désormais en garde à vue. Ce mode opératoire, impliquant des jeunes exécutants recrutés en ligne, inquiète particulièrement les services de renseignement, qui y voient une évolution des méthodes d’action terroriste.

Un groupuscule proche des Gardiens de la Révolution

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a rapidement établi un lien entre cette tentative d’attentat et la situation géopolitique actuelle au Moyen-Orient. Il évoque notamment des « similitudes » avec plusieurs actions récentes en Europe, attribuées à un groupuscule islamiste proche des Gardiens de la Révolution iraniens.

Quelques jours avant les faits, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux désignait explicitement la banque comme cible, l’accusant de soutenir Israël. Sans désigner formellement de commanditaire, Laurent Nuñez évoque néanmoins la possibilité d’actions menées par des « proxys », des intermédiaires agissant pour le compte de puissances étrangères. À noter qu’Emmanuel Macron avait demandé début mars au gouvernement de « renforcer » le dispositif de protection militaire « Sentinelle ».

« Si la guerre continue, la menace terroriste continuera à exister »

Sur Sud Radio, l’expert en renseignement Claude Moniquet, ancien agent de la DGSE, estime que cette tentative s’inscrit dans une dynamique plus large. « Si la guerre continue, la menace terroriste iranienne continuera à exister », estime-t-il. Pour lui, la situation pourrait même s’aggraver « si la situation s'envenime encore au Moyen-Orient et qu'à un moment donné la France prend une position moins attentiste. La France deviendrait encore plus une cible directe pour les Iraniens ».

Cet attentat déjoué est le premier projet concret en France depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Le ministre de l’Intérieur appelle désormais à une « vigilance extrême », notamment pour protéger les opposants iraniens ainsi que certains lieux sensibles comme les sites religieux ou associatifs.

Plusieurs actions antisémites orchestrées à travers l’Europe

Mais le cas parisien n’est pas seul en Europe. Au Royaume-Uni, une attaque a visé la communauté juive à Londres dans la nuit du 23 au 24 mars. Quatre ambulances ont été incendiées à proximité d’une synagogue. Deux hommes, âgés de 45 et 47 ans, ont été arrêtés. L’enquête, confiée à l’antiterrorisme, n’a pas encore qualifié les faits d’attentat, mais la piste terroriste est envisagée.

Les autorités britanniques évoquent notamment une revendication en ligne d’un groupe islamiste, Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya. Un groupe déjà impliqué dans plusieurs attaques, en Belgique et aux Pays-Bas, contre la communauté juive. Ce groupuscule, considéré comme proche de réseaux pro-iraniens, a notamment diffusé une vidéo revendiquant l’attaque.

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