Michèle Rivasi (EELV) : "Monsanto est en train d’acheter toutes les agences"

Députée européenne (EELV), Michèle Rivasi était l’invitée du grand journal de 18h sur Sud Radio ce lundi. L’eurodéputée plaide notamment pour l’interdiction du glyphosate, à deux jours d’un vote crucial.

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Quel avenir pour le glyphosate en Europe ? Ce mercredi aura lieu un vote crucial dans les arcanes de l’Union européenne, les États membres étant appelés à se prononcer pour ou contre le prolongement sur dix ans de l’autorisation d’utiliser du glyphosate, cet herbicide très controversé créé par Monsanto. Alors que Nicolas Hulot plaide, lui, pour une autorisation plus courte (cinq ou trois ans), la députée européenne (EELV) Michèle Rivasi était l’invitée du journal de 19h sur Sud Radio pour évoquer la question. Selon elle, une autorisation sur dix ans est improbable aujourd’hui.

"Suite à la mobilisation citoyenne, au scandale des Monsanto papers (3500 agriculteurs ont attaqué Monsanto après avoir contracté des leucémies) et à la façon qu’a Monsanto de financer certains experts fantômes et d’en menacer d’autres, je pense qu’il n’y aura pas de renouvellement pour dix ans", assure-t-elle. "J’ai regardé un peu tous les États, que ce soit l’Italie, l’Autriche, même l’Allemagne s’abstient… Si l’Allemagne avait voté pour, je ne vous aurais pas dit ça. Mais comme elle va s’abstenir et que la France va voter contre, je vois mal comment on peut avoir une autorisation avec une majorité qualifiée pour dix ans...", ajoute-t-elle.

"Monsanto ? Ils sont présents partout..."

"La Commission européenne propose, mais ce sont les États membres qui vont voter, à la majorité qualifiée (plus de 55%). À l’heure actuelle, le rapport de force tend plutôt à diminuer le renouvellement. Est-ce que ce sera cinq ans ou trois ans ? En tout cas, il y aura demain un vote très important du Parlement européen qui ne demande non pas le renouvellement pour cinq ans ou trois ans, mais l’interdiction du glyphosate ! Si on renouvelle le glyphosate pour trois ou cinq ans, on aura à la fin la même chose qu’aujourd’hui ! Il va falloir prouver que c’est bien cancérigène, que c’est antibiotique, etc. Vous voyez comment Monsanto est en train d’acheter toutes les agences, qu’elles soient américaines ou européennes. Ils sont présents partout...", ajoute-t-elle.

Selon l’eurodéputée, la seule issue possible demeure l’interdiction totale du glyphosate. "Si on demande l’interdiction d’ici trois ans (le maintien sur un an est de toutes façons obligatoire avec la directive sur les pesticides, auquel on ajoute deux ans pour écouler les stocks), on arrêterait complètement le glyphosate. Les agriculteurs auraient donc trois ans pour changer leurs pratiques et faire de l’agriculture sans glyphosate. C’est tout à fait possible de le faire !", martèle-t-elle.

Réécoutez en podcast l’interview de Michèle Rivasi sur Sud Radio